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Tome second.
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CHAP. XXL CAMPAGNE DE 1814 .

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droite du fleuve les corps du prince de Wur-temberg, de Wrède et de Wittgenstein, quisétablirent à Montcreau, à Donemarie et àProvins . Le comte Pahlen, avec lavant-garde de Wittgenstein, poussa jusquà Mor-mant.

Combat de Nangis.

Convaincu quil ny avait quune extrêmeactivité qui pût suppléer à mon inférioritéen nombre, je repris loffensive dès le 17, endirigeant toutes mes forces sur Mormant.Lavant-garde de Pahlen, attaquée à lim-proviste, fut enlevée presquen entier : lesalliés se mirent en retraite. Oudinot lespoursuivit sur Provins , Macdonald sur Done-marie, Victor, chargé de gagner Montereau ,donna, chemin faisant, sur une division ba-varoise quil battit ; mais cela lempêcha degagner Montereau le même jour. Lennemiperdit 3 mille hommes et 14 pièces de canon.Cette poursuite excentrique fut une faute;jaurais jeter toutes mes forces sur Pro-vins ou sur Bray.

Combat de Montereau .

Le 18, nous continuâmes à nous avancersur la Seine . Wittgenstein repassa le fleuveà Nogent, et Wrède à Bray; mais le princede Wurtemberg, lié par les instructionsmal conçues de Sçhwartzenberg, eut la té-mérité daccepter un engagement devantMontereau avec le 2 0 corps.

La position, couverte dune nombreuseartillerie, était bonne, tant quil ne sagissaitpas de reculer; mais adossée à un vrai coupe-gorge, elle offrait un danger réel. Victorlattaqua dabord sans succès; mais le géné-ral Gérard sy porta avec sa réserve compo-sée de paysans; je lui donnai le commande-ment, il renversa tout dans le défilé : jétaisaccouru sur ces lieux avec quelques esca-drons qui achevèrent la défaite. Montereau et le pont furent enlevés au pas de charge,

et les Wurtembergeois culbutés jusquàMarolles, avec perte de 6 mille blessés ou pri-sonniers : nous eûmes à regretter 2500 hom-mes, et le brave général Chateau, officier dela plus grande espérance, chef détat-majoret gendre du duc de Bellune.

Sçhwartzenberg évacue Troyes .

Ces échecs portèrent le découragementparmi ceux des alliés qui faisaient, malgréeux, cette guerre au cœur de la France .Sçhwartzenberg éperdu se retira sur Troyes ,et sollicita Blücher de voler à son secours.Je passai la Seine le 19 à Montereau , et lesjours suivants je meportai sur Troyes . Le 22,nous arrivâmes devant cette ville. La grandearmée des alliés, concentrée à Troyes , occu-pait les deux rives de la Seine. Blücher ,venu de Châlons par Arcis, était à Méry, etse trouvait ainsi en liaison immédiate avecSçhwartzenberg. Cette jonction est la meil-leure preuve que javais perdu une partiede mes avantages en me jetant sur la gauchede la grande armée. Jaurais recueilli plusde fruit et jaurais eu moins de chemin àparcourir pour déborder et accabler sadroite : opération qui eût empêché touteréunion avec Blücher .

Quoi quil en soit, je mattendais que lesalliés profiteraient de la réunion de forcesaussi considérables pour me livrer une ba-taille décisive. Jétais résolu de laccepter,parce que nous ne pouvions pas reculer sansmener de nouveau lennemi sur la capitale,dont il mimportait surtout de le tenir éloi-gné ; mais, à mon grand étonnement, il nenfut rien, et ils continuèrent leur retraite.Les événements qui sétaient passés au Midiavaient redoublé les craintes de Schwart-zenberg, parce quils contrariaient singuliè-rement les vues de son maître sur lItalie .

Tant de succès avaient ranimé mes es-pérances, moins encore par les résultats