Band 
Tome second.
Seite
385
JPEG-Download
 

Cil AP. XXI. CAMPAGNE DE 18 M.

080

tagncs de Gavardo, resta sur la défensive.

A celte époque, quoiquil fût déjà tardpour exécuter la diversion que javais pres-crite sur Genève , on aurait encore pu enobtenir dheureux résultats. Déjà Augereauavait rassemblé, autour de Lyon , un corpscomposé en grande partie de vétérans reve-nus de la Catalogne . Il devait se porter surGenève , insurger la Suisse , rétablir la com-munication du Simplon, se réunir aux divi-sions quEugène amènerait dItalie , et sa-vancer avec le prince vers le haut Jura , pouragir en Bourgogne de concert avec moi.Augereau se dirigea en effet à Genève , maispar détachements; il samusa dix jours à desaccessoires; et la défection de Murat ayantempêché larmée dItalie de le joindre, ildonna le temps aux souverains alliés de dé-tacher contre lui des forces considérables.Avec la moitié de lénergie et de lactivitéquil avait montrées à Castiglione, il au-rait accablé Bubna et soulevé nos partisansen Suisse , et Dieu sait ce quil en seraitavenu !

Négociations pour un armistice à Lusigny.

Ces événements avaient causé de la sensa-tion au quartier-général autrichien, déjàébranlé par mes succès sur la Seine . Lesalliés, plus coulants, me firent même pro-poser un armistice qui fut négocié à Lusigny.11 était assez naturel que mon beau-pèrecherchât à diriger les négociations de Châ-tillon. En menlevant lItalie , et en héritantde mon influence sur lAllemagne , il nauraitplus eu de sujets de démêlés avec moi, touten faisant parade de générosité. Pour mieuxparvenir à ses fins, Metternich exposa dansun conseil la situation équivoque les alliésse trouvaient par suite des revers essuyéssur la Marne et sur la Seine , par lesprit quianimait les provinces occupées, et lappari-tion imprévue du corps dAugercau sous Ge-

11.

nève. Son but était trop évident pour quonpût sy méprendre. Lempereur Alexandre,gémissant de la manière dont on avait faitla guerre, hésitait sil ne joindrait pas sesgardes et le corps de Wittgenstein à larméede Blücher , pour pousser du moins les opé-rations plus militairement. Je lai déjà dit :ce prince avait à cœur de rendre à Paris lavisite que javais faite à Moscou ; il était aigricontre moi, et avait juré ma perte. Le choixquil avait fait du comte Razumowski pourle représenter à Châtillon, était la meilleurepreuve quil navait pas lintention de traiter.

Dun autre côté, il lui paraissait juste quelacquisition du duché de Varsovie indem-nisât son empire des efforts inouïs quil avaitfaits ; et pour lobtenir en entier, il fallaitaccorder lItalie aux Autrichiens et des in-demnités convenables à la Prusse : or, ilétait évident que pour me contraindre à detelles conditions et à céder encore Anvers que réclamait lAngleterre, il fallait que jefusse réduit à toute extrémité. La crainteque les Autrichiens 11e se séparassent for-mellement de la coalition empêcha seuleAlexandre de sunir à Blücher pour marchersur Paris ; mais, pour remédier à tout lemal passé, il fut décidé « que la grande ar-« niée resterait sur la défensive au centre,

« et porterait les réserves autrichiennes et« un nouveau corps darmée de la Confédé-« ration germanique sur le B.hône ; tandis« que Blücher , renforcé par les corps de« Wintzingerode et Bulow, opérerait avecn 100 mille hommes dans la vallée de la« Marne. »

On se flattait, par ce mezzo termine, deneutraliser linfluence que la politique avaiteue sur la marche des affaires, et de porterles coups décisifs avec larmée de Blücher ,qui obéissait plus directement à lempereurde Russie et au roi de Prusse.

Les conditions proposées à larmistice de

49