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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
Lusigny n’étant pas acceptables, il fallut re-courir de nouveau à l’épée.
Par suite du système arrêté à Vandœu-vre, la grande armée s’était repliée jusqu’au-près de Chaumont ; etBltïcher, au contraire,se disposait à se reporter sur Meaux . Nousvenons de voir qu’il devait être renforcé destroupes de l’ancienne armée du prince deSuède .
Déjà Wintzingerode venait d’être jointpar le corps de Woronzof; et Bulow, oc-cupé jusque-là en Belgique , y avait été re-levé par 25 mille hommes de la Confédéra tion germanique , nouvellement organiséssous les ordres du duc de Weymar. Enfin,le comte de St.-Priest était en marche desbords du Rhin vers les Ardennes .
Sans attendre tous ces renforts, le maré-chal prussien se mit en mouvement pour seporter une seconde fois sur Meaux , avecl’espérance d’acculer Marmont à la Marne ,et de s’avancer sur Paris par la rive droitede cette rivière. Le 24février, il passa l’Aube à Baudemont et s’avança sur Sézanne, oùcampait Marmont. Ce dernier, ne voulantpas se laisser entamer, se mit en retraitesur la Ferté-sous-Jouarre, où il se réunitle 26 à Mortier, qui, avec son corps, s’étaitmaintenu constamment entre Soissons etChâteau-Thierry , faisant face aux deux nou-veaux corps des alliés qui avaient envahi laFrance du côté du nord. Celui de Wint-zingerode se trouvait dans les environs deReims ; celui de Bulow venait d’arriver àLaon .
Opérations de Mortier et de Marmont.
Les maréchaux réunis à la Ferté-sous-Jouarre, affaiblis par la garnison qu’ilsavaient été obligés de jeter à Soissons , n’a-vaient pas au delà de 12 mille combattants
de toutes armes. Blücher espérait avoir bonmarché de cette poignée d’hommes. II poussade Rebais sur la Ferté-sous-Jouarre lescorps d’York et de Kleist pour amuserMarmont et Mortier; tandis que les corpsrusses, qui faisaient partie de son armée, sedirigeaient sur Meaux , pour les tourner parleur droite et les couper de Paris . Heureu-sement, les maréchaux ne prirent pas lechange sur les vues de l’ennemi. Dans lajournée du 27, ils se portèrent de la Ferté-sous-Jouarre à Meaux. Ils y arrivèrent fortà propos : l’avant-garde de Sacken s’étaitdéjà emparée du faubourg à la gauche de laMarne, et allait pénétrer dans la ville. Laprésence de nos troupes fit échouer ses pro-jets.
Blücher , se voyant prévenu à Meaux , ré-solut d’opérer par la rive droite de la Marne.
Il replia les corps russes sur la Ferté-sous-Jouarre, où il passa la Marne avec le grosde son armée et se dirigea sur Lizy, ne lais-sant sur la rive gauche que le corps d’York -,pour couvrir ses derrières. Les maréchaux,devinant encore ses projets, se prolongèrentpar leur gauche pour venir lui barrer le pas-sage , en bordant la rive droite de l’Ourcq .Le 28, ils se mirent en marche de Meaux surLizy. Le corps de Kleist , qui faisait l’avant-garde de Blücher , était déjà au delà del’Ourcq ; mais comme les autres corps del’armée de Silésie ne se trouvaient pas en-core en mesure de le soutenir, il n’osa s’en-gager isolément et se replia sur Fullaines,après avoir détruit le pont de Lizy. Ainsi,Blücher vit toutes ses entreprises déjouées;et, d’un autre côté, je lui préparais une be-sogne qui allait le forcer incessamment àrenoncer au rôle d’agresseur, pour ne son-ger qu’à sa propre sûreté.