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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

position de lennemi; le combat dura toutle jour sans rien décider. Les alliés conser-vèrent leur position ; nous nous maintînmesdans les villages devant leur front. Bliicher,ayant eu le temps de se reconnaître, sentitquil pouvait avec succès attaquer de nuit lecorps de Marmont, qui navait pas encoreétabli de liaison avec moi. Les corps dYorket de Kleist débouchèrent dAthies, et seportèrent contre lui. Les troupes de ce ma-réchal ne songeaient quau repos, et furentcomplètement surprises ; tout le corps sen-fuit à Béry-au-Bac, laissant entre les mainsde lennemi 2500 prisonniers et 40 pièces decanon.

Privé par ce désastre de la coopérationde Marmont, je ne devais plus compter quesur les 20 mille hommes que javais avecmoi : cependant je résolus de faire bonnemine à mauvais jeu; je calculai que len-nemi, pour décider la défaite de Marmont,avait probablement porté sur sa gauche lamasse de ses forces, et que conséquemmentil devait avoir dégarni Laon . Effectivement,il avait dirigé vers Béry-au-Bac environ 60mille hommes ; mais il lui en restait encoreà Laon près de 40 mille, qui étaient plus quesuffisants pour repousser les différentes ten-tatives que nous réitérâmes dans la journéedu 10 pour aborder leur position. Cepen-dant, nous gagnâmes par dassurer la re-traite de Marmont ; Blücher , effrayé de no-tre opiniâtreté, fit de nouveau revenir surLaon les corps qui avaient filé sur Béry-au-Bac.

Cette nouvelle concentration de toutes lesforces ennemies ne nous laissait plus la moin-dre chance de succès. En mobstinant à res-ter à Laon avec ma petite armée devant lesforces quadruples des alliés, jaurais risquéde me voir enveloppé. Le 11, je rétrogradaisur Soissons , je repassai lAisne ; Marmontse replia de Béry-au-Bac à Fismes . Quelques

renforts reçus des dépôts portèrent de nou-veau à 55 mille hommes la force totale demon armée.

Affaire de Reims .

Il me fallait absolument un succès pouratténuer le mauvais effet de ma retraite deLaon : la fortune, ou plutôt la faute dungénéral russe, meu fournit loccasion. Lecomte de St.-Priest, qui commandait unnouveau corps de 12 mille hommes apparte-nant à larmée de Silésie , était arrivé à Châ-lons, d il se porta sur Reims , quil em-porta demblée le 12, la petite garnison quisy trouvait nayant pas grands moyens dedéfense. Après cet exploit, St.-Priest de-meura à Reims en intermédiaire entre lagrande armée des alliés et celle de Blücher .Je vis quil serait facile de battre ce corpsisolé; le 15, je me mis en marche sur Reims ,laissant Mortier sous Soissons avec 12 millehommes. A quatre heures du soir, nous ar-rivâmes devant cette ville; lennemi, surpris *de notre brusque apparition, eut à peine letemps de prendre position en avant de la villesur la route de Fismes . Nous lattaquâmes etle rejetâmesau delàdelaVesle.LecomtedeS l -Priest fut blessé à mort; le désordre s'in-troduisit parmi ses troupes. Cependant leurarrière-garde se défendait dans Reims , je fistourner la ville en forçant le passage de laYesle à S'-Brice. La déroute de lennemi futdécidée ; le gros du corps gagna Béry-au-Bac; les troupes de larrière-garde se déban-dèrent, et dirigèrent leur fuite par les routesde Neufchâtel, de Rethel et de Châlons .Lennemi perdit onze bouches à feu, 2500prisonniers , 1500 blessés et 700 tués ; nousneümes pas mille hommes hors de com-bat.

Le séjournai trois jours à Reims pourdonner quelque repos à mes troupes, avantde les reporter sur lAube et la Seine , la