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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

Cette circonstance devait rendre la situa-tion des deux maréchaux très-critique. Ar-rivés à Fère en Tardenois, ils ne pouvaientplus revenir sur Reims ; car outre quon sa-vait cette ville au pouvoir de lennemi, ileût fallu encore passer sur les corps deKleist et dYorck, qui avaient suivi leurmarche sur Fismes . Ils ne pouvaient guèrese flatter datteindre Châlons par Épernay ,car déjà les coureurs de Wintzingerodeétaient maîtres de la route; ils résolurentdonc de marcher par Château-Thierry pourgagner la route de Montmirail, et atteindreainsi Yitry, point intermédiaire entre Châ-lons et Vitry.

Cette circonspection très-naturelle, avecun corps de 17 mille hommes devant deuxgrandes armées, acheva de tout perdre.

Bien des écrivains en ont imputé le blâmeà mes lieutenants ; plus juste, je reconnaisquil était difficile quils fissent autrement.Blücher marcha le 20 mars à Reims , et le 24à Châlons. Si Marmont avait reçu mon or-dre à Fismes , comme on la p-étendu, ilest constant quil eût pu forcer le passagele 22 à travers la cavalerie de Wintzingerode,qui naurait pu lui disputer Reims . Mais sice maréchal reçut lordre à Fère en Tarde-nois, il est à labri de tout reproche ; il étaitdifficile de prévenir Blücher à Châlons : sansdoute, en marchant le 22 de Fère sur Éper-nay , il nétait pas matériellement impossibledarriver à Châlons le 23; mais Wintzinge-rode y était déjà, et certain détre soutenupar Blücher , il neût pas abandonné la ville.Dailleurs le chemin de Fère en Tardenoisà Épernay est détestable , et il nest pasdit quon eût pu atteindre Châlons en deuxmarches.

Dans le moment même le hasard don-nait ainsi une direction concentrique auxmasses ennemies, lempereur Alexandre,instruit de mon projet par la lettre inter-

ceptée, et certain de lapproche de Blücher ,assemblait à Sommepuis ceux de ses gé-néraux dans lesquels il avait le plus deconfiance, et leur proposait de résoudresil était plus convenable de se porter surParis , sans sinquiéter de mon mouve-ment vers la Lorraine, ou de se repliersur le Rhin . Il penchait pour le premierparti, et chacun se rangea à son avis.

L'empereur Alexandre se décide à marchersur Paris .

Schwartzenberg même, que mon planavait rendu à son indépendance, en le sépa-rant du cabinet de lempereur dAutriche ,qui avait se retirer de Bar-sur-Aube àDijon , se décida pour cette marche hardie.On en donna aussitôt avis à Blücher , et dèsque les souverains alliés eurent la certitudeque la jonction de leurs armées était plei-nement consommée, ils se disposèrent àmarcher sur Paris par les routes de Yitryà Sézanne et de Châlons à Montmirail . Legénéral Wintzingerode avec 8 mille chevauxet plus de 40 pièces de canon se porta deYitry sur St-Dizier pour couvrir leurs mou-vements, et nous faire croire quils noussuivaient avec toute leur armée. Le 25,Wintzingerode occupa St-Dizier , et poussason avant-garde à Éclaron, à la gauche dela Marne .

Cette détermination des souverains étaitsans doute la meilleure de toutes cellesquils avaient à prendre ; mais je ne devaispas y compter de la part des coalisés qui,par divergence de vues, ne faisaient, depuisdeux mois, quagir contre les principes dela guerre.

Anxiété dans laquelle je me trouve à St-Dizier .

Javais été rejoint à St-Dizier par Cau-laincourt ; mais je navais aucune nouvellede Marmont et de Mortier. Le retour démon