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Tome second.
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CHAP. XXI. CAMPAGNE DE 1814.

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triche et la Prusse avaient consenti à traiterde mon abdication, sous condition de recon-naître ma dynastie et de discuter la paix dé-finitive avec un conseil de régence, les mou-choirs blancs ne les en eussent certes pasempêchés. Ils cédèrent moins à la nécessitéet aux intrigues de quelques personnagesbien connus, quau sentiment des convenan-ces et au désir dune paix durable.

En prenant la couronne, javais mis lestrônes à labri des peuples; en la rendantaux Bourbons, on les garantissait contre lessoldats heureux. Un homme détat impar-tial dira plus, cest que, dans le naufrageuniversel, le retour des Bourbons parais-sait un bonheur pour la France ; tant la lé-gitimité des dépositaires de la puissance na-tionale a dinfluence sur la prospérité dunétat ! Sans ce retour, le royaume, abandonnéà une régence, avec les princes légitimeschez létranger, eût été en proie à tous lesdéchirements: la régence, quelle queût étésa forme, aurait repris les rênes avec laguerre civile, et dans une situation plus dé-licate peut-être quà mon retour dÉgypte .Le rappel des princes légitimes semblait de-voir sauver la France dune nouvelle anar-chie. On devait croire que vingt ans de mal-heurs auraient éclairé ces princes; quils au-raient beaucoup oublié et beaucoup appris.Mieux quaucun autre souverain, ils étaienten position de réconcilier lancienne France avec la nouvelle; il ne fallait pour cela quela tête et le cœur dHenri iv .

Je sentis un peu tard que javais commisune faute, en ne mettant pas entre ma dy-nastie et lancienne la différence de religion.Ce ne furent pas la médiocrité et les fautespolitiques de Jacques et de Charles u qui ren-versèrent la race desStuarts pour la secondefois du trône dAngleterre, mais bienloppo-sition de la croyance religieuse. Si, à lépoquedu concordat, javais embrassé la réforme

avec fous les hommes attachés à ladminisfra-tionpublique, la Franceentière nous eût imi-tés, et mon fils meût probablement succédé.

La Russie ninclinait pas à favoriser madynastie; dabord lanimosité personnelleavait pris dans le cœur dAlexandre la placedes sentiments quil me témoignait en iso7;ensuite il réfléchit que linfluence de lAu­ triche ne manquerait pas de saccroître detoute celle que Marie-Louise exercerait surla France , à titre de régente. Mon fils ma-jeur eût pu convenir à la Russie ; mon filssous la tutelle de Metternich ne convenaitquà son tuteur. LAngleterre, se flattantdexercer plus dascendant sur les Bourbonsréfugiés, et voulant faire triompher les prin-cipes que Pitt avait pris pour prétexte detoutes ses guerres, était la plus intéressée àla chute des miens, non par affection pourdes princes dont elle avait, plus dune fois,contrarié le retour dans des temps plus op-portuns, mais parce qualors ils étaient lesseuls qui pussent remplir ses vues.

La paix générale fut le résultat du rappeldes Bourbons : elle était dure ; la France y perdit tout, parce quelle se débattit nonavec ses ministres, mais avec ceux de la fa-mille qui remontait sur le trône. Cétait untraité chacun réclamait damples dé-dommagements de ses sacrifices, de ses dé-penses : Louis xvm nayant rien déboursé,aurait eu mauvaise grâce dintervenir dansle partage de mes dépouilles.

Carnot a reproché aux Bourbons davoircédé si facilement la Belgique ; mais cétaitle sine quâ non sans lequel lAngleterreneût pas traité avec eux; et leur retour,sans la paix maritime, eût amené un étatde guerre pire que celui auquel on voulaitmettre un terme. Dailleurs quels moyensauraient-ils eu de refuser cette cession? labataille de Toulouse venait dachever laruine de nos affaires.