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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

Wellington bat Soult à Toulouse .

Soult faisait fous les préparatifs pour dé-fendre cette ville, lorsque Wellington seprésenta pour lattaquer six jours aprèsmon abdication. Un bruit confus des évé-nements de Paris ne suffisait pas pour em-pêcher de défendre une ville française,assaillie par des Anglais ; mais lesprit departi, toujours prêt à dénaturer les événe-ments et à chercher des coupables, en afait un crime à ce maréchal. On lui a re-proché davoir imité le célèbre Guillaume d'Orange , qui livra la bataille de Mons après la paix signée, et par pure animositécontre Louis xiv . La comparaison nest pasexacte; quand le prince dOrange attaqua,il savait que la paix était signée; Soult neconnaissait que par des rapports vagueslentrée hostile des alliés à Paris ; il étaitencore en état de guerre et repoussait uneagression ennemie. Soult fut battu ; sagauche et son centre déjouèrent, il est vrai,toutes les attaques de lennemi sur Tou­ louse . La droite, appuyée au ruisseau delErs, fut débordée par Beresfort, à la têtedes divisions Cole et Clinton. Ce généralcheminait avec la première entre le ruisseauet nos redoutes, par un mouvement parallèleet pour le moins audacieux. Soult, quisuivait ce mouvement des yeux, lança laréserve, sous Taupin, en deux colonnes,pour enlever ces téméraires. Imitant monexemple à Rivoli , lorsque la colonne deLusignan se prolongeait sur mes derrières,il crie à ses soldats : Ces Anglais sont ànous, je vous les livre ; mais la fortunetrompa cruellement son attente, et tournacontre lui la manœuvre sur laquelle il fon-dait lespoir de sa victoire. Taupin mène sestroupes à la charge par bataillon; il estfrappé à mort; sa troupe hésite : exposée àun feu meurtrier, elle éprouve des perlessanglantes sans faire aucun mal à lennemi;

enfin elle recule et se retire en désordre.Soult, frustré du résultat de cette attaquequil croyait infaillible, se hâta de quitterToulouse pour ne pas perdre sa ligne deretraite. Ce qui sétait passé dans la ca-pitale rendait, au reste, ces mouvementssuperflus, et cette bataille perdue par unde mes lieutenants me consola en quelquesorte de labdication à laquelle je métaisdécidé.

Soit par cette sorte de respect quinspireun vieux guerrier, soit pour faire paradede générosité, les alliés me laissèrent lechoix de ma retraite; jindiquai lile dElbe,voisine de la Corse je suis, touchantà l'Italie , premier théâtre de ma gloire. Ilsme laccordèrent avec un titre qui semblaitdésormais ne devoir plus leur porter om-brage. Ils me permirent enfin demmeneravec moi un petit nombre de ces vieux sol-dats, avec lesquels javais couru tant de ha-sards, de ces hommes que le malheur nedécourage pas. On ne se doutait guère quunan après, lempereur de Iîle dElbe, aveccette poignée de braves, ferait de nouveaula conquête de la France .

Je partis accompagné de commissairesdespuissances alliées. En traversant la France pour me rendre au lieu de mon exil, jeuslieu de me convaincre de la divergence delopinion à mon égard. Autant on paraissaitme chérir et me regretter dans les environsde Paris et dans les provinces de lEst, au-tant jétais haï dans le Midi. On ny eut pasmême pour moi le respect au malheur,et je fus plus dune fois forcé de me met Iresous la protection de létranger pour défen-dre ma vie contre le peuple qui sétait enivrétant de fois de mes triomphes.

Je me suis comparé un an après allié-mistocle; je crois quon ne maccusera pasde manquer de modestie, en me mettant enparallèle avec cet illustre Athénien.