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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

voisine. Je marchai donc sur Grenoble aussivite que possible, parce que de la prise decette place dépendait le succès de monentreprise.

Marche triomphale jusquà Paris .

Laccueil que je reçus sur ma route dé-passa mon attente, et confirma mon projet.Je vis que la portion du peuple qui nétaitcorrompue ni par des passions ni par desintérêts, conservait un caractère mâle quelhumiliation blessait.

Je découvris enfin les premières troupesquon avait envoyées pour me combattre. Jemavançai sans crainte, tant jétais sûr quilsnoseraient faire feu sur moi. Us revoyaientleur empereur marchant à la tête de cesvieux guerriers qui leur avaient si souventtracéle chemindela victoire. Jétais le mêmeencore, puisque je leur rapportais lindé-pendance avec mes aigles : aussi nhésitè-rent-ils pas. Cétait le 7° régiment, com-mandé par Labédoyère .

Le peuple et les soldats me reçurent avecles mêmes cris de joie; je navais que cescris pour cortège, mais ils valaient mieuxque toutes les pompes, car ils me promet-taient le trône : en vingt jours jarrivai auxportes de Paris , renforcé de toutes lestroupes quon avait cru pouvoir tournercontre moi. Les Bourbons neurent que letemps de se sauver en Belgique , le ducdAngoulême seul guerroya à la tête dequelques bataillons dans le Midi , et, enve-loppé par Grouchy , sengagea à évacuer laFrance . Jamais entreprise plus téméraireen apparence ne coûta moins de peine àexécuter : cest quelle était conforme auvœu de la nation, et que tout devient facilequand on marche avec lopinion, ou quonsait la diriger.

Je remonte sur le trône.

La révolution fut terminée en vingt jours,

sans avoir coûté une seule goutte de sang.La France avait changé daspect : la nationrendue à elle-même reprit de la fierté. Elleétait libre, puisquelle venait de faire le plusgrand acte de spontanéité qui appartienneaux peuples. Je ne métais assis sur le trôneque par son vœu : car je ne laurais pas con-quise avec mes soo soldats. La grandeur demon entreprise avait effacé mes revers; ellemavait rendu la confiance de Français .Jétais de nouveau lhomme de leur choix.

Position envers lEurope .

Javais refusé la paix quon moffrait àChâtillon, parce que jétais sur le trône deFrance , et quelle me faisait descendre tropbas. Mais je pouvais accepter celle quonavait accordée aux Bourbons, parce que jevenais de ltle dElbe , et que lon peut sar-rêter quand on monte, jamais quand ondescend.

Je crus que lEurope , étonnée de monretour et de lénergie du peuple français,craindrait de recommencer la guerre avecune nation dont elle connaissait linflamma-bilité, et avec un homme dont le caractère,à lui seul, valait une armée. La chose neûtpas manqué darriver, si le congrès eût étédissous, et que nous eussions traité avec lessouverains un à un. Mais leur amour-propreséchauffa, parce quils étaient en présence,et mes efforts pour maintenir la paix na-boutirent à rien.

Préparatifs pour repousser une agression.

On a dit que jaurais prévoirce résultat,et profiter sans retard du premier élan dupeuple pour montrer, par linvasion de laBelgique , à quel point nous étions redou-tables; mais quau lieu de cela, mon attitudepacifique endormit la nation. Déclamationpitoyable ! On ne jette pas un peuple sansarmes sur les légions aguerries de lEurope