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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

Tl 2

les hauteurs de Paris : la crainte de jeterlalarme dans cette capitale, et les événe-ments qui se pressaient, m'en empêchèrent.Il y avait deux moyens de le faire : le pre-mier, en construisant un grand fort sur laposition de Chaillot et Passy; un autre surles hauteurs de Montmartre ; un troisièmeà Vincennes et Bercy. Ces trois forts ren-draient maîtres de la navigation et de lap-provisionnement de Paris ; ils serviraient derefuge aux archives, et lennemi serait em-barrassé dans la capitale tant quelle seraitcommandée par ces forts.

Lautre moyen était de mettre toute len-ceinte à labri dun coup de main avec desouvrages de campagne; je lui donnai la pré-férence , parce quil demandait moins detemps. Je pensais quune grande capitalerenferme lélite de la nation ; quelle est lecentre de lopinion, le dépôt de tout ; etque cest la plus grande des contradictionsque de laisser un point aussi important sansdéfense immédiate. Aux époques de malheuret de grandes calamités, les états manquentsouvent de soldats, mais jamais dhommespour leur défense intérieure. Cinquantemille gardes nationaux, 2 a z mille canon-niers, défendront une capitale fortifiée con-tre une armée de 300 mille hommes. Ces 50mille hommes en rase campagne, sils nesont pas des soldats aguerris et commandéspar des officiers expérimentés, seront misen désordre par une charge de quelquesmilliers de chevaux. Paris avait plusieursfois son salut à ses murailles : si, en isi4,il eût été mis en état de résister seulementhuit joins, quelle influence cela naurait-ilpas eu sur les événements du monde? Si,en isos, Vienne eût été défendue, la batailledUlm neût pas décidé de la guerre ; si, en1806, Berlin avait été fortifié, larmée battueà Iéna sy fût ralliée, et larmée russe lyeût rejointe; si, en 18O8, Madrid avait été

fortifié, larmée française, après les victoiresdEspinosa, de Tudela , de Burgos et deSommo-Sierra , neût pas osé marcher surcette capitale, en laissant derrière elle lar-mée anglaise et larmée espagnole vers Sa­ lamanque et Valladolid .

Je chargeai donc le général Haxo de for-tifier Paris . Cet habile ingénieur fit retran-cher les hauteurs situées au nord, depuisMontmartre jusquà Charonne, acheva lecanal de lOurcq, de manière à couvrir laplaine entre la Villette et St-Denis. Cetteville devait être retranché et couverte parles inondations du Rouillon et du Crou.Du pied occidental du Montmartre partaitune ligne de retranchements qui sappuyaità la Seine au-dessus de Clichy : à lextrémitéorientale, le parc de Bercy, les espacesentre Vincennes et Charonne, furent égale-ment couverts. Ces ouvrages furent armésde 700 pièces. Les faubourgs entre la Seine supérieure et la Bièvre, entre la Bièvre etla Seine inférieure , ne devaient pas resterdécouverts; déjà même leur enceinte avaitété tracée quand lennemi parut devantParis .

Le général Léry eut la tâche de préside)'aux travaux défensifs de Lyon ; ils étaienten état, et tout portait à croire que les ha-bitants de cetîe ville, dont le patriotismeégale le courage, soutenus par un corpsdarmée, donneraient de la besogne à len-nemi.

Motifs de mon attitude défensive.

Au reste, quon ne croie pas que je naiepas songé à linvasion de la Belgique . Dèsle lendemain de mon arrivée à Paris , jenagitai la question, mais plus dun obstaclesy opposa. Dabord, je navais sous la mainque 40 mille hommes; la Vendée remuait;le duc dAngoulême marchait sur Lyon , etles Marseillais sur Grenoble . U importait