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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

linfanterie, et quil serait réduit à défilerdu village par files. Il proposa de remonterà la naissance du ravin, ce qui le conduisaitau centre vers la Haie-Sainte. Jy consentispar plusieurs raisons: la première, cest quejai toujours été partisan des attaques surle centre; la seconde, cest quil faut éviterune difficulté locale; la troisième, cest quela position ennemie, adossée à la forêt deSoignes , navait pas dautre voie de retraiteque la chaussée de Bruxelles qui traversecette forêt. Cette circonstance me suggéralidée de percer larmée ennemie par le cen-tre, en poussant directement par la chaus-sée. Si cette attaque réussissait, nous nousrendions maîtres du débouché du bois, etles deux ailes ennemies, séparées entre elleset privées de communications avec Bruxel-les, se seraient trouvées gravementcompro-mises. Dans cette vue, jaccumulai toutesmes réserves au centre. Larmée alliée étaitforte de so mille hommes ; jen avais70mille.

Le combat sengagea vers les onzeheures, par une attaque de ma gauchecontre la droite de lennemi ; je lordonnaipour lui donner le change sur mes inten-tions- En effet, Wellington renforça sadroite de ses meilleures troupes.

Dans cet intervalle, un événement fâ-cheux arrivait à ma droite. Ney, déjà formévis-à-vis Papelotte, mit ses divisions enmarche par masses et par le flanc gauchepour opérer lattaque convenue sur le cen-tre. Lartillerie, embourbée dans ces terresdélayées par huit jours de pluie, ne pouvaitsuivre ses colonnes : la cavalerie anglaisesen aperçut, et sélança, partie sur la divi-sion Marcognet, partie sur les pièces éloi-gnées de tout secours; linfanterie trop ser-rée se mit en désordre; quelques bataillonsfurent entamés; les so pièces de Ney fu-rent enlevées, ou plutôt les cavaliers anglais ,sabrant les conducteurs, coupent les traits,

ainsi que les jarrets des chevaux, et lesmettent hors de service. Les cuirassiers deMilhaud accourent et anéantissent cette bri-gade anglaise; mais Ney est forcé de conti-nuer, sans artillerie, sa marche sur la Haie-Sainte. Je le fais soutenir par mes batteriesdu centre, et il marche à lennemi aveclaudace quon lui connaît; ma cavalerieexécute une charge brillante sur la ligne an-glaise, et perce jusquaux réserves; mais,faute de soutien, elle est forcée à re-venir. Ney continue à savancer; les An- #glais, à la faveur dune artillerie supé-rieure , sèment la mort dans ses rangs;rien ne leffraie : notre canon ne peut suivredans les boues ; celui des Anglais en posi-tion peut seul continuer à tirer, et ses ra-vages arrêtent lélan de nos colonnes. Lenôtre se borne à répondre de loin aux bat-teries; Ney redouble defforts pour enleverla position : il importe de frapper le coupdécisif, ou il va succomber. Je suis prêt àen donner lordre et à lancer mes gardes,quand on vient mavertir quon aperçoit destroupes en marche du côté de St-Lambert.

Je crus dabord que c'était Grouchy , maisdes prisonniers quon amène nous font con-naître que cest le corps prussien de Bulowqui va déboucher sur notre flanc droit; ja-vais peine à y croire, mais comment se re-fuser à lévidence? Je fus obligé de distrairele corps des jeunes gardes destiné à latta-que du centre, afin de lopposer à Bulow, enformant un crochet pour couvrir ma droite.

Wellington avait prévenu Bliicher de sonintention daccepter bataille à Mont-St Jean :le maréchal prussien, à qui malheureuse-ment on avait laissé toute la journée du npour se réunir à Bulow et réorganiser sonarmée, avait promis son assistance aux An-glais. Il laissa à Wavre un de .ses corpspour contenir Grouchy , et, avec les troisautres, il se mit en marche le is de grand