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Tome second.
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CH AP. XXII. CAMPAGNE DE 1815.

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matin pour St-Lambert vers Mont-St-Jean.Le mauvais état des chemins ralentit samarche, et si le défilé eût été gardé par unedivision seulement,, jamais Blücher neûtpu prendre part à la bataille; à deux heuresaprès midi, il ny avait encore que le corpsde Bulow dengagé : nous réussîmes à lecontenir. Pendant ce temps, lattaque ducentre sétait effectuée. Notre cavalerie eutdes succès, quoique labsence dune partiedes troupes que javais destinées à cette at-taque ne nous permît pas de lui donner lé-nergie convenable. Wellington sentait quily allait ici de toute sa renommée : il étaitdécidé à vaincre ou à mourir; carie cheminde Bruxelles était si encombré dartilleriedémontée et de chariots de blessés, quilny avait plus moyen de se retirer. Larrivéedu gros de larmée prussienne changea létatdes affaires. Le corps de Ziethen couvritlintervalle qui se trouvait entre la gauchedes Anglais et la droite de Bulow; le secondcorps renforça ce dernier, et lui donna lesmoyens de prolonger sa ligne de façon àtourner décidément notre droite. Mestroupes qui, pendant toute la journée,avaient combattu avec avantage contre desforces supérieures, étaient épuisées ; sevoyant attaquées en flanc et à revers, ellescommencèrent à rétrograder ; le désordresy mit.

Dans ce moment, Wellington, instruitde ce qui vient darriver, passe subitementdune défense passive à une offensive impé-tueuse : toute sa ligne se porte sur nous;nos troupes abîmées se pelotonnent, et ledésordre commence à sy introduire. Enredoublant la vitesse de leur retraite, ellessont bientôt à la débandade. La garde,entourée, succombe sous les coups ennemis ;on marrache avec peine de ce champ decarnage.

Des charges de cavalerie ennemie ache-

vèrent la déroute; tout senfuit du côté deCharleroy. Il nv eut plus de moyen darrê-ter le torrent; la jonction des Prussiens etdes Anglais se fait sur le plateau de Belle-Alliance; la cavalerie prussienne profiladun clair de lune pour nous poursuivre àtoute outrance et empêcher notre rallie-ment. Larmée se trouva ainsi totalementdispersée.

Suites funestes de cette journée.

Telle fut lissue de cette journée, qui avaitcommencé sous de si heureux auspices pournous, et qui devint plus funeste à la France que ne lavaient été celles dAzincourt et dePoitiers . Je nai jamais dissimulé mes fautes :jen ai commis quelques-unes dans le coursde ma longue carrière militaire, mais je naiquun bien faible reproche à me faire surma conduite à Waterloo ; ce sont les fautesde mes lieutenants et non les miennes quinous ont perdus. On peut nous reprocherdavoir combattu en masses trop profondes :ce système na jamais eu de succès contre lefeu meurtrier de linfanterie et de lartille-rie anglaise. Jai déjà dit, au sujet de labataille dEssling, tout ce quon peut dire àcet égard; mais en supposant ce systèmeconvenable sur un terrain ouvert, sec, dunabord facile, et avec des forces égales enartillerie, il est certain que de grossesmasses, lancées dans des terres détrempéesd elles avaient peine à sortir pour atta-quer sans artillerie des troupes reposées eten position, avaient trop de chances contreelles. Malgré tout cela, nous fussions incon-testablement restés maîtres du champ debataille, sans larrivée de 50 mille Prussienssur nos derrières : circonstance désastreusequil ne dépendit pas de moi dempêcher,puisque javais donné tous les ordres pourla prévenir. Jaurais pu attirer Grouchy àmoi, comme javais fait venir Eugène à Wa-