CHUTE DU RHUV. g3
là qu’ils connaissent le prix. Ils devraient aussiacheter le vignoble au-dessus, pour en arra-cher jusqu’au dernier cep et y planter deschênes. Rien n’est plus mesquin que la vignedans un tableau. La composition du paysagedes deux rives au-dessous de la chute,esttout-à-faitbien; malheureusement on lui tourne le doslorsqu’on la regarde. Il faudrait créer quelquechose de semblable au-dessus de cette chute ,qui autrement ressemblera toujours un peu àune grande écluse de moulin débordée. Le jourapprochait de sa fin , et il fallait songer au trajetque nous avions à faire pour gagner notre gite àSchaffhouse , pardes chemins enpartieinondés;cependant nous avions peine à nous arracherde ces lieux. Les derniers rayons du soleil éclai-raient encore la chute dans sa partie supérieure,rendant plus vives les touches d’un vert d’éme-raude qui perçaient à travers l’écume , de plusen plus éclatante de blancheur, et traverséed’un double arc-en-ciel; tandis qu’au-dessous,dans le profond encaissement du Rhin , l’ob-scurité croissante répandait déjà ses vaguesterreurs. Enfin, la nature semblait faire undernier effort pour toucher nos insensiblescœurs, et nous forcer d’admirer un de sesplus beaux ouvrages, au moment où nousallions nous en éloigner pour toujours. Il yavait là des curieux allemands et des curieux