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nous connaissons toute la terre habitable etnous la remplissons même, La civilisation hu-maine ne peut plus se perdre, comme à la chutede l’empire romain. L’art de l’imprimerie sembles’ètre étendu des livres aux lecteurs eux-mêmes:il y a des exemplaires de l’Europe répanduspar tout l’univers: en Amérique, en Asie , enAfrique , et jusque dans la Nouvelle-Hollande.Ces exemplaires ne peuvent se perdre tous, etil en restera toujours assez pour faire une nou-velle édition; mais le peuple Romain n’existaitqu’en rpanuscrit : aussi a-t-il fallu recomposerl’ancienne civilisation. Il n’y a plus de guerresd’extermination ; les membres de la grande con-fédération peuvent bien prendre querelle et sefaire la guerre; mais toute prépondérance tropmarquée, et une disposition conquérante armebientôt les craintes et la jalousie, et le premierrevers sert de signal à une ligue générale contrel’imprudent dominateur. L’existence d’un prin-cipe universel de surveillance nouveau en Eu-rope n’est pas moins manifeste dans l’admi-nistration intérieure des gouvernemens mo-dernes que dans leurs relations extérieures : ilrésiste au dedans comme au dehors à tout em-piétement, aux conquêtes et à la tyrannie; ilfacilite la réforme des abus; il répare la détério-ration graduelle qu’opère le temps, et semble-rait destiné'» perpétuer la jeunesse des empires.