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Tome I.
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GENÈVE . SES SOIRÉES. 5 6j

lassitude, et bientôt après chacun prend sonvol pour la campagne. Genève est fort petit, lequartier du beau monde encore plus; une voi-ture y serait inutile , à peine y serait-on montéqu'il en faudrait descendre; rarement même yvoit-on des chaises à porteur ; chacun se rend àpied à ces soirées. Dès huit heures on com-mence à voir dans les rues les femmes qui sor-tent de chez elles sur la pointe du pied, enve-loppées d’une grande mante à capuchon qui nelaisse voir tout au plus que le bout d’une plumerebelle; elles sont escortées d’une servante lalanterne à la main, qui, dans une antichambredestinée spécialement à cet usage, se charge dela capote et des doubles souliers de sa maî-tresse, et l’aide à rajuster son habillement etsa coiffure; le schall rejeté négligemment surl’épaule, on glisse dans le salon. Là, les femmesassises à côté les unes des autres ont l’air decauser, bâillent en cachette derrière leur mou-choir, changent de place sous quelque prétextepour aller s’ennuyer dans un autre coin, fontsemblant de prendre plaisir à un morceau demusique, retournent, sans s’en soucier le moinsdu monde, les dessins , les gravures , les livres ,jetés comme par hasard sur une table de l’ap-partement, prennent le thé enfin, et quelque-fois font une partie de whist en attendantqu’onze heures ou minuit sonnent, et que la