PREFACE.
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me z suivant qu’il a bien ou mai réussi.
Il est constant que les beaux Edifices n’ont point étéfaits au hasard , ni sans peine, quelque génie & quelqueexpérience qu’aïent eu les Architectes qui les ont élevés ;& l’on^a toujours vu au contraire que les Artistes qui sefont éloignés des réglés, bien loin de se faire un nom ,ont perdu la réputation qu’ils avoient acquise , lorfqu’ìlss’y étoient soumis. Ce n’est point montrer du génie qued’imaginer des formes capricieuses, ou de chercher denouveaux Ordres d’Architecture ; ce que nous avons re- jçû des Anciens fur ce sujet, & quel’usage a consacré, estsuffisant, il ne s’agit que d’en bien faire l’application. Le !bon Architecte ne va point au-delà, il se renferme dans jl’étude de la distribution des Plans & de la décoration !des Façades ; la variété dont ils font susceptibles lui jfournissant assez de quoi exercer son génie , quelque fe- jcond qu’il soit à produire des choses finguliçres,
L’Architecture comprend un si grand nombre de par-ties qu on ne doit pas s’attendre de les pouvoir étudiertoutes dans un même pais. Les Nations differentes b à- jtissent suivant leur goût particulier ôc leurs besoins ; les idiverses températures de lair, leur servent de réglé pourla distribution & la forme de leurs Edifices ; le choix desmatériaux tk la maniéré de les emploïer varient aussi se-lon les disserens climats. L'on ne peut donc mieux ter-miner ses études que par les voïages ; mais autant qu’ilsfont avantageux à un Artiste qui les entreprend dans lavue de s’instruire, & qui a foin de mettre tous ses mô-me ns à profit, autant font-ils peu utiles à quiconquecraint la peine & le travail. L’Italie est le centre des beauxArts, & en particulier le siégé de la bonne Architectu-re, C’est dans cette heureuse contrée que les Romains
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