PREFACE ,
XXI]
grandes choses ne leur permettant pas de s assujettir àce qu’ils avoient vu pratiquer par leurs timides prédé-cesseurs , ils jetterent les fondemens dune nouvellemaniéré. Elle étoit fondée fur la nature 8c fur la raison& elle fit oublier pour toujours l’aiicienne, qui ri'étantappuyée que fur une pratique fans art, ne connoissoitaucun principe.
Ce fut dans ces circonstances que l’Architecture chan-gea de face ; le goût Antique prit la place du Gothique,qui insensiblement s anéantit. Ce changement ne futpas cependant subit ; on étoit encore si préoccupé, lesyeux étoient si pleins des objets que le mauvais usageavoit introduit , qu on fut pendant quelque tems às’appercevoir que çetoit dans les seuls fragmens deVArchitecture antique qu’il falloit chercher les vérita-bles principes de l’Art. Faute d examiner 8c de connoîtrele prix de ces précieux vestiges, on ne les considéroisque comme des ruines inutiles, ôc qui pouvoient tout auplus fournir des matériaux pour construire de nou-veaux Edifices. A cette étude de f Antique , qui peutfeule conduire à la perfection , on substitua celle desécrits de Vitruve, qui est Tunique d’entre les Anciensdont il nous reste des préceptes fur T Architecture : maisçeux qui suivirent la méthode de cet ancien Architecteimitèrent jusques à ses défauts, tant ils étoient persuadezqu on ne pouvoit segarer avec un Auteur , qui avoitvécu dans un siecle aussi éclairé que celui d’Auguste.L’Architecture fe trouva alors reílerrée dans les réglésétroites de cet Auteur ; on n o soit encore les franchir îsi un Architecte fe hazardoit d’imaginer quelques petitsOrnemens, ils tendent du mauvais goût &c de la ma-niéré Gothique, Ce ne fut que vers le commencement
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