XXXV
V I E
D’AUGU ST IN-C HARLES
D’AVILER.
architecte.
L ’Eloge de d’Aviler auteur de ce Cours d’Architecture, de-voir nécessairement suivre celui de Vignole : s’il ne fe trou-ve point dans les dernieres Editions de son Livre qui ont paru de-puis fa mort, le seul défaut de mémoires a empêché de lui ren-dre cet hommage. Il le méritoit assurément, & je doh m’estimerheureux que les mémoires que j’ai autrefois ramassez fans autredessein que de me satisfaire moi-même, me mettent aujourd’huien état de faire connoître à la postérité quel a été le sçavant ôcSc judicieux Commentateur de Vignole.
Augustin-Charles d’Aviler naquit Fan 165 z. à Paris, où fa fa-mille, originaire de Nancy en Lorraine., étoit établie depuis long-tems. Dès fa plus tendre jeunesse il fit paroisse un goût décidépour l’Architecture , & donnant de bonne heure un libre essorà son penchant, il fit en peu de tems de grands progrès dans cetArt. Son inclination naturelle ne contribua pas peu à lui rendreses Etudes faciles 5 ainsi il ne faut pas s’étonner si dans ce qu’il aécrit fur l’Institution de F Architecte, il insiste si fort fur la nécessitéde consulter la Nature avant que de faire choix d’aucune Profes-sion. Il n avoir que vingt ans lorsqu’il fut envoyé à F Académie quele Roy de France entretient à Rome, pour former dans la PeintureSc dans les autres Arts qui dépendent du Dessein, les jeunesElevés qui paroissent avoir de plus heureuses dispositions. AntoineDefgodetz si connu par son exactitude à mesurer les Edifices an-tiques de Rome, Faccompagna dans ce voyage. Animez Fim& Vautre d’un grand désir de fe perfectionner dans leur Art, ilsavoient une louable impatience d'être dé j a en Italie ; ils s'em-barquèrent à Marseille sur la fin de Vannée 1674. mais ce fut fousdes auspices bien malheureux. Des Corsaires Algériens qui ren-contrèrent la Felouque fur laquelle ils étoient montez , l’atta-
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