IX
tagnes, faire plusieurs lieues de chemin avec le pic etla pelle sur l'épaule, et le sac au dos; travailler pen-dant quelques heures à creuser le sol, déblayer lesfourneaux, les mesurer, les dessiner, former des col-lections des objets les plus importants, en remplir lesac et les poches, et revenir le soir fort chargé et nonmoins fatigué.
D’un autre côté nous avons eu d’autant plus de faci-lité d’étudier ces débris des anciennes forges, que toutenotre vie nous avons su suppléer par une infinité detravaux aux embarras de nous procurer des ouvriersspéciaux à temps utile. Mais nonobstant ces avantages,il a bien fallu limiter nos fouilles aux localités qui nousprésentaient encore des traces plus ou moins évidentesde fourneaux, en général fort rares dans un état com-plet, ou bien des indices d’âge révélé par quelques dé-bris d’objets fabriqués. Nos fouilles n’ont pas été aussicomplètes que nous l’aurions désiré, mais faites surplusieurs points du Jura , elles nous ont révélé l’uni-formité de l’ancienne industrie sidérurgique dans toutecette contrée, avec l’indication précieuse qu’elle a étéplus répandue durant les temps antéhistoriques, quependant la période romaine et le moyen âge, et qu’ellea dû puissamment contribuer au développement de lacivilisation de toute la contrée environnante en y ré-pandant un métal plus nécessaire à l’industrie que l’or.
Ces recherches, toutes imparfaites qu’elles sont en-core, auront, d’une part, éveillé l’attention des archéo-logues, et ceux qui auront plus de temps et d’argentdisponibles, pourront poursuivre ces explorations.D’autre part, nos fouilles jetteront quelque jour surl’âge du fer et sur la puissance minérale de la contrée