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Les archives de Bellelay nous apprennent que dans le réage ^de ce monastère, il existait déjà au XIV e siècle des emplace- q (
menls d’anciennes forges ; c’est-à-dire, que deux de ces loca- ra
lités servaient déjà depuis longtemps de délimitation en 1397, co
sous le nom de Viegles faverges, et, en 1405, sous celui d’an- (j e
liquœ fabricœ, carrenti anliquarum fabricarum. Or, ces actes V o
n’étaient déjà alors que la reproduction de ceux d’époque i a
antérieure désignant les limites du réage de Bellelay, en sorte se
que chaque fois qu’il était question de renouveler la démar- p (
cation, les documents répétaient de siècle en siècle les mêmes d(
termes. Les vieilles faverges, en 1397, pouvaient aussi bien bi
désigner un emplacement de forge de plusieurs siècles anté- qi
rieurs que les actes subséquents et ceux mêmes qu’on pour- Ei
rait encore faire maintenant. Les scories de fer ne s’altèrent cl
jamais, et ce n’est qu’après de très longs espaces de temps p<
qu’elles se recouvrent plus ou moins d’une maigre végétation tu
sans disparaître entièrement.
Dans cette contrée montagneuse , dans ces régions fores- m
tières nous avons retrouvé les traces des chemins romains et va
divers vestiges de voies de communication que nous regardons er
comme appartenant encore à une époque plus ancienne. Nous d;
pensons que ces voies tout imparfaites qu’elles étaient ont d(
été usagées non-seulement pour les besoins de la population qi
de ce quartier de montagnes, mais encore pour transporter ai
aux forges le minerai depuis la vallée de Delémont , car, nous bi
le répétons, nous ne pensons pas qu’il ait été possible d’en y
rencontrer en suffisance dans le val de Sornetan pour appro- fe
visionner d’aussi nombreux fourneaux et produire ces amas lo
de scories dont nous apprécierons ensuite la valeur métallique d(
dans un autre chapitre. D
La distance qui séparait ces forges de la vallée de Delémont , Si
et la roideur des chemins ne doit pas nous surprendre. Cette d;
manière de se procurer au loin les matières premières d’une di
industrie s’est perpétuée dans le Jura jusqu’à nos jours. Il y 9’
avait encore dans la première moitié de ce siècle, des verreriesà Biaufonds et au Biez d’Etoz, dans les profonds encaissements