DE DISTRIBVER LES P L J N S. ut
On nomme cette premiere espece de Bâtimens à un étage ,Bâtimens à l’Italienne , parce qu’à limitation des Italiens, on encache ordinairement les Combles par des Attiques ou Balustra-des , de forte qu il semble qu’il y ait des terrasses au- dessus. Com-me les planchers de ces Bâtimens font fort exhaussez, ils ont tou-jours un air de grandeur & de magnificence. Mais ce qui lesfait le plus estimer, ce font les commoditez qu on y trouve; den’être point obligé à faire de grands Escaliers , dans la place def-quels on fe ménage quelque piece commode ; de s’épargner lapeine d'en monter les rampes, ce qui est fort fatiguant ; de n’a-voir personne logé au-dessus de fa tête, qui cause du bruit; d’a-voir à côté de foi tout ce qu’il faudroit aller chercher dans desétages plus élevez ; & enfin d’être à portée de fe promener à songré dans un Jardin, dont la vuë toujours présente donne beau-coup d’agrément & de gayeté à un Appartement. On en peutvoir un exemple dans le Plan ci-après C, planche 63. H. Ce Bâ-timent a été projetté, pour être élevé fur une grande place pro-che les Chartreux à Paris. Les pieces qui composent les Appar-temens, y font si bien ménagées, qu’il ne s’y trouve rien d’inu-tile. Le Vestibule d’entrée conduit à deux Anti-chambres, l’uneà droite, & l’autre à gauche, & chaque Anti-chambre est com-mune à deux Appartemens, l’un de parade, & l’autre de com-modité ; de telle forte que ces quatre Appartemens principauxn’ont qu une feule entrée composée de trois pieces qui leur de-viennent communes.
Le nombre des Vestibules & Anti-chambres, que l’on appel-le pieces perdues, parce qu’elles ne fervent en partie que pourles Domestiques, n’est pas si considérable dans ce genre de Bâ-timent, qu’il le feroit dans d’autres, ouïes Appartemens feroientdistribuez les uns au-dessus des autres, dans des étages disserens ;car alors il feroit nécessaire de placer au-devant de chacun deuxAnti-chambres, ce qui composeroit huit pieces inutiles ou per-dues , au lieu qu’il ne s’en trouve ici que trois pour tous les Ap-partemens. Par-là on voit combien la dépense d’un Bâtiment àun seul étage est moins considérable : car quoique les fondations& couvertures ayent plus d’étenduë , d’un autre côté les mursfont moins élevez, Sc n’ont pas besoin de tant de fondation ; onévite la dépense des grands Escaliers , & le nombre des Plan-chers ; les souches des Cheminées font moins élevées, ôc l’on