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DE LA MATIERE.
| du sable ; parce que moins le fable se rencontre des qualitez ci-I .dessus déclarées - plus il faut de chaux ; c’est pourquoi on metquelquefois deux cinquièmes de chaux fur trois de fable, mais ja-mais la moitié. Toute forte d'eau n’est pas propre pour détremperla chaux : la meilleure est celle de riviere, de puits ou de citerne :on ne peut point se servir de celle des marais , ni de celle dela mer. Le mortier , pour être bon, doit être broyé & corroyédans le bassin, asm que la chaux & le fable soient bien incorpo-rez ensemble ; ce qui se connoît, lorsque n étant pas trop abreuvé,ceux qui le broyeur, ont de la peine à retirer le rabot du bassin.
Il se fait aussi du mortier de ciment pour les Ouvrages qu’onI fonde dans Peau, qui résiste plus à Ph timidité que celui du fable ;j parce que le tuilleau qu’on y mêle , a dé j a été cuit. Le ci-ment de tuilleaux concassez est meilleur que celui de brique ,il se broyé avec de la chaux vive, dont un tiers suffit sur lesdeux tiers de ciment. Cette espece de mortier sert aussi à la liai-son des pierres, & Ton en fait des aires .ou couches, qui ne fai-sant qu un corps fort dur, fervent à conserver le dessus des voû-tes exposées à l’air. On peut encore paver les Aqueducs , Ca-naux & Bassins de Fontaines de petit caillou de vigne bien lavé& nétoyé, qu’on employé avec le mortier de chaux vive & deciment.
Le Plâtre est une matière fort nécessaire, & qui contribue leplus à la propreté & à la durée de nos Bâtimens : ses bonnes qua-litez font d’être bien cuit, blanc, gras & point éventé. Le meil-leur se fait à Montmartre près de Paris. Il y a aussi plusieurs au-tres Carrières où le moilon se trouve propre pour cet effet ; ce-pendant ce moilon, quoique bien gisant, n’est pas bon pour lesfondations, parce qssil se mouline, & se pourrit à l’humidité. LePlâtre sert pour la liaison, pour les crépis, enduits & ravalemens:on Pemploye au gros, ou au panier , ou au sacs , selon les di-vers Ouvrages , le hâle le fait mieux sécher. Quand le Plâtrepur est sec, il est d’une dureté extraordinaire , comme on peutremarquer aux tuyaux & languettes de Cheminées, qui subsistent,quoique fort minces. Le Plâtre est sujet à se gercer, & à se fen-dre , lorsqu’il est employé dans Ja gelée, & qu’il ne sèche pas àloisir, ou bien ïorfqu’il ssest pas travaillé de fuite , & avec l’artque la pratique enseigne. On mesure à Paris le Plâtre au muid,qui fait trente-six sacs ou trois voyes.