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Cours d'architecture : qui comprend les Ordres de [Jacques Barozzio, dit Le] Vignole, avec des commentaires, les figures & les descriptions de ses plus beaux bâtimens, & de ceux de Michel-Ange, des instructions et des préceptes & plusieurs nouveaux desseins concernans la distribution & la décoration, la matière & la construction des édifices, la maçonnerie, la charpenterie, la couverture, la serrurerie, la menuiserie, le jardinage, & généralement tout ce qui regarde l'art de bastir / par C. A. [i.e. Augustin-Charles] d'Aviler
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ET DE LA CONSTRUCTION. i 7 i

se peut, & cotter les centres & les points de distance, afin qu’onpuisse tracer l’épure au premier coup , & qu’on évite la confu-sion des traits, qui trompent souvent les Appareilleurs.

Or comme il arrive quelquefois que le terrain, fur lequel ontrace, n est pas de niveau , mais avec de la pente ou des ressauts,& que le Plan ne se doit raccorder qu’au plein-pied d’un rez-de-chaussée , il faut conduire la ligne du talut en telle sorte, quese jugeant par les encoignures, le mur du talut soit dégauchi bienparalelle dans toute son étendue , nonobstant la ligne de pentedes terres ; car le défaut en ce cas, est fort sensible. Pour ce quiest du nivellement, il faut qu’il soit bien retourné, parce qu onne peut être sûr d’un trait de niveau que par cette opération, quise fait, posant deux dosses ou jalons, contre lesquels on vérifiepar les repaires les mêmes hauteurs que l’on a prises avec le ni-veau de part & d’autre.

Voilà en partie ce qui regarde P Art de planter les Bâtimens.

DES FONDEMENS

DES EDIFICES.

M Ais toutes ces précautions deviendroient inutiles, si l’E-difice n’étoit pas bien fondé ; & comme c’est la partie laplus essentielle du Bâtiment, & qui demande le plus d’attention,il est bon de faire observer qu’on doit se gouverner differemment,selon les differens terrains qui se rencontrent. Autre chose est defonder dans un lieu sec, autre chose dans un endroit humide :& cependant il faut trouver autant de solidité dans l’un quedans l’autre. Dans le premier cas il suffit d’asseoir les fonde-mens fur le bon fonds ; dans le second, c’est-à-dire, dans Peau ,dans les terrains marécageux, & dans ceux où il se trouve de laglaise, on se sert de pilotis, & même de grilles. Il faut éviter detrop éventer la glaise avec les pilotis, c’est pourquoi on ne doitpas les y employer aussi fréquens que dans un terrain où il n’ya point de glaise.

Les terres sont ou naturelles, ou rapportées, & le bon & viffonds n’est réputé tel, que quand on a atteint un terrain massif &solide qui n’a jamais été découvert. Le Tuf est le meilleur detous les terrains ; mais il se trouve pourtant des terrains sablonneuxsur lesquels on peut fonder solidement, lorsque le sable fait corps.