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environ de hauteur deux neuvièmes du Pilastre ; la Base des Pila-stres pose sur une double plinthe, comme àl’Arc de Titus. Commeles chapiteaux sont à une grande distance de l’œil, Michel-Angeles a tenus un peu plus hauts que la proportion ordinaire , afinqu’ils parussent moins quartez. L’entablement a plus du quart du
Ì Pilastre, qui est peut-être un excès dans la proportion, & la ba-lustrade , qui a un peu plus que le cinquième, est trop chargéede Piédestaux ; aussi les travées des balustres paroissent-elles tropj petites, quoique les Pilastres soient distans les uns des autres, desept diamètres. L’entablement n'est pas recoupé, mais continuéfur une même ligne, ce qui fait un grand effet. La corniche del’Ordre Ionique n excede point le nud du Pilastre Corinthien , &les renfoncemens pris dans le corps du mur, qui portent de fondsfur les jambages , déchargent non-sculement les platte-bandes,mais donnent moyen par une large retraite , de décorer les Fenê-
I tres avec des Balcons. Celle du milieu, distinguée des autres parses deux frontons & ses consoles de mauvais goût , n'est pointde Michel-Ange ; elle est du dessein de Jacques del Duça sondisciple , qui prit la conduite du Bâtiment après fa mort.
Le comble n’a de pente que la moitié de fa hauteur, ce quife voit par le profil; l’on y peut remarquer austì la pratique des
I Italiens pour l’assemblage de la Charpenterie, differente de la nô-tre. Leurs fermes sont en décharge fur le tirant, car pour l’en-trait , il est coupé au droit du poinçon, & sc soutient en décharge ;ces fermes font assemblées fans mortoifes ni tenons, mais feule-ment par des entailles & embrevemens ; les Italiens font dans cetusage, parce qu’ils prétendent que les mortoifes coupent la piece.Leurs forces sont quarrées; leurs pannes sont des platte-formesmises assez proches les unes des autres : & les chevrons sont com-me des membrures : tous ces ouvrages de charpente sont fort le-gers, & d’une grande portée, particulièrement fur les grands Sa-lons , parce qu’en Italie, on ne se sert que de sapin, ôc rarementde chêne.
Mais ce qui rend ce Palais infiniment considérable , ce sont| les précieux restes de l’Antiquité qu’il renferme. Outre la statueI équestre de bronze de Marc-Aurele, qui est au milieu de la Pla-I ce , l’on y trouve celles de César & d’Auguste de marbre , la8 Colonne Lustrale de Duilius, les Fastes Consulaires, les Tables8 des anciennes Loix des Romains, & plusieurs autres monumens
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