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DISPOSITIONS
J’ai ra,
DISPOSITIONS DE COLONNES
ET DE PILASTRES.
T ai rassemblé ici t ouïes les dijfer entes maniérés de disposer , &
de groupper les Colonnes & Pilajlres , & je me fuis borné à en don-ner le Plan } par ce que f ai bien senti qu!me élévation ne représente-roit qtdimparfaitement l'effet de ces compositions j & comme elles nefont pas toutes exemptes de défauts , fen ai pris occasion de critiquerquelques dispositions , qui pour avoir été mises en oeuvre dans desOuvrages approuvez , ré en font pas moins vicieuses.
T Outcs les Inventions ayant eu pour principe dans les Arts, le désir de lanouveauté, il s’est souvent rencontré des Architectes, qui pleins d’imagi-nation , ont cherché des ligures extraordinaires, & les ont produites, autantpour íê singulariser, que parce qu’ils y croient contraints par quelque fhjettionparticulière. Ainsi les uns ont fait des Colonnes ovales, pour en diminuer lafaillie j d’aurres des Colonnes à pans, pour recevoir plusieurs retombées-, & desColonnes Torses à jour à deux ou à trois tiges, pour avoir occasion de mon-trer jufqu’où pouvoir aller la délicateíïè du travail, & dans certaines occasionsl’on a pratiqué des Escaliers à noyau, ou suspendus dans les Colonnes Colossa-les , pour y monter comme dans une Tour. Quant à la disposition des Colon-nes &c Pilastres , la nécessité contraint quelquefois de prendre des licences ; maisil faut éviter celles qui sont positivement contre les réglés de l’Art, comme dedoubler ou de flanquer les Colonnes & les Pilastres, parce que cette pénétra-tion de corps mutile les Chapiteaux, & les confond. Pour les Colonnes liées& cantonnées ? comme il n’y a aucune nécessité de les faire de cette sorte , c’estun abus qu’il faut absolument rejetter; on doit plutôt-chercher à isoler les Co-lonnes qu’à les trop engager ou nicher, c’est pourquoi lorsque la place ne per-met pas de mettre des Colonnes, il faut prendre son parti, & n’y mettre quedes Pilastres. Les Groupes de Colonnes semblent encore fort inutiles, d’autantque cette multiplicité de Colonnes ôte le plus bel effet des Porches, Péristyles& autres Colonnades, qui est de palier Isolement entre les Colonnes. Aussi Vi-truve dit qu’on ne doit pas ferrer les Colonnes plus près que le Picnostyle. LePilastre plié est aussi faux dans son principe , que celui dans l’Angle est vrai ; carle Pilastre isolé, appelle Ante, étant parfaitement quarté, on doit supposer qu’ilest engagé dans le corps du mur, & que ce qui en excedè le nud , n’en est qu’uneface ou une encoignure. A l’égard des Pilastres ébrafez, c’est une fujettion d’un pancoupé, & if faut observer que les deux moitiez du Pilastre soient chacune pluslarges que leur demi-diametre, pour dégager les hélices & la fleur , ainsi qu’ila été pratiqué à i’Eglìfe de saint Pierre de Rome: Je remarquerai à cette occa-sion , que loríqu’il n’y a point de Tribune , ni de Niche entre les Pilastres dans lepan coupé, comme à la Sorbonne, l’Entre-pilastre doit avoir au moins un dc-mi-Jjametre.