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Tome deuxième.
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DU XV e AU XVIII 0 SIÈCLE,

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les pelouses étendues devant sa façade, On peut y voir, en effet, un certain nombredénormes peupliers disposés dans un ordre incompréhensible et en dehors de toutesymétrie. Chacun de ces arbres, à ce quil paraît, a pour mission de représenter uncorps de troupe, et lensemble général, le plan stratégique dune des batailles gagnéespar le maréchal, qui aurait lui-même planté ces peupliers.

M me de Montebello continua dhabiter Maisons après la mort de son mari ; elle y reçutmême quelquefois la visite de lEmpereur, qui chassait assez fréquemment du côtéde Maisons. A cette époque, les jardins et parterres du château descendaient encorejusquau bord de la Seine ; mais la construction dun pont nouvellement décrété (celuiqui existe aujourdhui) nécessita lexpropriation dune partie de ces terrains. La con-struction de ce pont donna occasion à un long procès, dont il est inutile de raconter iciles diverses phases.

En juin 1815, Blüeher, de brutale mémoire, vint camper sur les bords de la Seine ,et les pauvres habitants de Maisons furent requis de fournir des vivres aux quarantemille hommes quil commandait. Dans limpossibilité ils se trouvèrent de satisfaireà cette demande, le général prussien livra la commune au pillage. Cependant, si leshabitants de Maisons eurent fort à souffrir du voisinage des troupes alliées, le châteaufut à peu près préservé de toute dévastation ; et il est à présumer quil dut ce privilègeà la présence des officiers supérieurs qui sy étaient installés. Après ces événements,M me de Montebello se décida à abandonner Maisons. En 1818, M. Laffitte se présentacomme acquéreur, et peu après il sétablit dans cette magnifique propriété, il reçutles plus ardents adversaires de la Restauration. Cest dabord Manuel, que son expulsionde la chambre de 1823 avait décidé à se retirer de la scène politique, qui trouva sous latoit de Maisons la consolation de ses derniers jours ; il y mourut, comme on sait, en 1827.Puis, vint le poète Béranger, qui, lui aussi, dans un moment difficile, vint habiter lechâteau des Longueil. M. Laffitte lui avait donné asile, peut-être pour dissimuler unsecours ; mais Béranger, ainsi quil le dit lui-même, nétait pas pour les châteaux. Ilne fit donc pas un long séjour à Maisons. Voici, du reste, ce que nous lisons à ce sujetdans son œuvre posthume, intitulée Ma biographie : « M. Laffitte a commis, dit-il, unefaute que je lui ai reprochée bien des fois : cest davoir acheté le fastueux château deMaisons, séjour le plus ennuyeux que je connaisse, et qui ne me semblait supportable(pie lorsque jy étais avec Manuel, Thiers et Mignet . My trouvant seul, il mest arrivéde le quitter pour aller, à travers la forêt, dîner dans un restaurant de Saint-Germain,.le nai pas oublié que dans cette demeure royale, cependant on montre encore lachambre que Voltaire a longtemps habitée, je nai jamais pu faire un seul couplet. Je nesuis pas pour les châteaux ; cest peut-être ce qui me rend injuste pour Mansart, quenfaveur des mansardes je devrais cependant aimer beaucoup. »

liélas ! si le célèbre banquier libéral était un homme estimable, un cœur généreux, cenétait point, en revanche, un esprit artiste ni un homme de goût : on en a des preuvespar trop évidentes quand on reconnaît à quelles mains il confia les diverses restau-rations quil fit exécuter au château. Ici nous cédons encore la parole à M. IL Nicolle ;

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