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Tome deuxième.
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DU XV e AU XVIII e SIÈCLE. 07

entre ceux qui avaient prêté serment à la Constitution et ceux qui l’avaient refusé, entreles titulaires des anciens sièges expulsés de leur résidence et les ecclésiastiques qu’onleur avait substitués. Un des membres de la municipalité s’étant adressé à une jeunetille de huit ans lui posa cette question étrange : « Que signifie le mot d’intrus ? » Ellerépondit : « On appelle intrus celui qui prend la place d’un autre. » Une seconde enfantinterrogée répondit : « Un intrus, c’est M. Bonnet, ci-devant curé de Saint-Michel decette ville et depuis élu évêque. » Ces réponses suffisaient largement pour édifier lesinterrogateurs sur le genre d’éducation inculqué aux élèves. Ils en firent leur rapport,et le 20 avril, le directoire du département invita les religieuses à jurer fidélité à lanation, à la loi et au roi, et à prêter serment de maintenir la Constitution. Le motifdonné était que remplissant les fonctions d’institutrices publiques, elles devraient prêterles serments des fonctionnaires publics. Les sœurs, au nombre de 19, s’y refusèrentabsolument au nom de leur conscience.

Il n’y avait pas à douter du sort qui les attendait : leurs biens furent confisqués auprofit du bureau des pauvres ; les orphelines, au nombre de vingt, furent transféréesdans ce bureau ; les religieuses furent dispersées, et trois institutrices séculières furentinstallées dans l’ancien hôtel Montescot et chargées de donner gratis l’éducation auxjeunes filles.

Le moment était grave pour les destinées de l’hôtel. Devenu un bien national, il pouvaitsubir des sorts très-divers sur les goûts et les caprices du maire et des adjoints. La fortunene lui fut pas adverse. Elle l’affecta à un service qui le préservait à tout jamais, ou dumoins pour longtemps, de variations périlleuses en intéressant toute une population à sonentretien et à sa conservation, autrement dit, en faisant de ce magnifique édifice l’hôtelde ville d’une cité importante. Voici comment les choses se passèrent. Nous recouronsici à l’antiquaire et à l’érudit que nous avons nommé au début de ce travail.

« La municipalité chartraine fixée, depuis 1572, dans l’hôtel du Perron des Trois Roys,sis rue des Champs, se plaignit d’y être trop à l’étroit par suite de l’établissement denouveaux services indispensables à l’ordre de choses établi depuis 1791 ; une bonneoccasion se présentait. Sur la proposition du maire, un bail fut passé entre les adminis-trateurs du bureau des pauvres et la municipalité, le 6 novembre 1792, moyennant unloyer annuel de mille livres avec droit de détruire la sacristie, les cloisons des cellules etautres pièces qu’il conviendra, de pouvoir faire telles décorations et changements quiseront jugés convenables sans cependant nuire à la solidité des bâtiments et à la chargedes grosses et menues réparations. Dans le devis dressé pour les modifications à opérerà l’hôtel Montescot, il est dit : « les armoieries qui sont au-dessus de la porte d’entréeseront ciselées de manière à ce que l’on ne voie plus aucunes marques seigneuriales, cequi coûtera la somme de six livres ».

» Diverses appropriations furent déclarées urgentes par l’administration municipalepour établir des services dans les locaux de l’ancien couvent ; dans le bâtiment du fond,à la place de la chapelle, on installa les tribunaux de police et de commerce ; dans lapartie droite, la salle des conseils, municipal et général, et le cabinet du maire. Dans