.80 PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS.
» mens, tant dedans comme dehors, et encougnures, sont de brique assez bien accoustrée,» et y estoit ledit sieur Roy en les bastissant si entêtif, que l’on peult presque dire qu’autre» que lui en fust l’architecte. En aucuns corps de ce logis y a quatre estages. En celui» de l’entrée y en a deux, dont le deuxième est une grande salle. Les derniers estages» sont voultez, chose grandement à considérer à cause de la largeur des membres. Yray» est qu’à chascun mutant y a une grosse barre de fer traversant de l’un à l’autre, avec» gros crampons par dehors tenant lesdites voultes et murailles liées ensemble, et fer-» mes. Sur ces voultes et par tout le dessus du circuit du bastiinêt est une terrace de» pierre de liais, qui fait la couverture, lesquelles portant les unes sur les autres, et» descendant de degré en degré, commencent du milieu du hault de la voulte un peu en» pente jusques à couvrir les murailles. Et est reste terrace, à ce que je croy, la pre-» mière de l’Europe pour sa façon, et chose digne d’estre veuë et considérée. »
Nous allons compléter cette citation de du Cerceau par des indications empruntées àun des hommes les plus compétents en cette matière, à l'architecte même du châteaude Saint-Germain qui en a fait une étude approfondie et a été chargé par le gouver-nement de restaurer et de rétablir dans ses anciennes dispositions ce magnifique édificesi important pour l’histoire de l’art et si précieux à cause des souvenirs qui s’y ratta-chent. Nous voulons parler de M. Eugène Millet, dont le rapport, adressé au ministred’Etat, en février 1862, sur l'état actuel du château, sur les additions successives appor-tées par les différents rois de France , et sur les deux systèmes de restauration à entre-prendre, est un modèle de discussion architecturale à la fois sobre, élégante, concise,pleine de faits, pleine de raison. Voici les paroles de M. Millet :
« Nous devons peut-être rappeler ici l’âge des diverses parties du château actuel.
» La chapelle, sise au midi, bordant le fossé de la rue du Château Neuf, remonteassurément au xm e siècle, a appartenu certainement au château de saint Louis et nousparaît avoir été érigée de 1230 à 1240.
» Le donjon, qui formait jadis l’angle nord-ouest engagé actuellement dans le bâti-ment de Louis XIV, nous paraît remonter à l’époque de Charles V , appartenir à l’art dela fin du xiv e siècle, et avoir fait partie alors du château construit par ce roi à Saint-Germain.
» Les quatre grands corps de logis bordant Ja cour appartiennent assurément au châ-teau construit par François I er et remontant alors au xvi e siècle.
» Enfin, les cinq gros pavillons flanquant le château ont été commencés en l’année 1682,à l’époque où le roi Louis XIV quittait définitivement Saint-Germain pour se fixer àVersailles.
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auraient été confiées à la direction
si nous en croyons Félibicn. Nous ne savons si cette
assertion est fondée ; car dans notre pays bien souvent on fait honneur à des Italiensde magnifiques ouvrages qui sont l’œuvre d’artistes français . Au xvi e siècle nous abritionsnos bâtiments par de grands combles, et, à Saint-Germain, on couronnait tout l’édificepar des balustrades et par des terrasses de pierre. À cette époque, nous savions à mer-