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Tome deuxième.
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DU XV e AU XVIII e SIÈCLE. 99

étage, moins important comme hauteur, vient porter le chéneau qui recevait les eauxprovenant des terrasses de pierre.

Ces terrasses, comme nous le verrons plus tard, sont détruites aujourd’hui dans la plusgrande partie du château, et ont été presque partout remplacées par des combles platscouverts de tuile. Enfin, d’énormes et nombreuses souches de cheminées entièrement debrique, viennent accidenter et enrichir la silhouette horizontale des bâtiments. Quantaux pavillons flanquant les extrémités, ils sont plus étroits que les corps de logis qu’ilsaccompagnent.

Tel est, à quelques variantes près, l’ensemble de dispositions que l’on retrouve sur lesdifférentes façades de l’important édifice que nous visitons.

Les façades extérieures de Saint-Germain, pour la plupart d’un développementimmense, peuvent être accusées cependant de manquer de saillies : les membres en sontplats, et ne projettent pas, par conséquent, de ces ombres vives et fermes qui animentsi bien la matière et jouent un rôle si puissant dans l’aspect général et intime de toutmonument.

Si nous pénétrons dans la vaste cour du château par la porte principale, située sur laface ouest, l’aspect change complètement : on est frappé alors des airs de grandeur etd’originalité empreints dans les constructions qui circonscrivent cette cour. De robustescontre-forts, reliés entre eux au premier et au deuxième étage par des berceaux debrique, divisent tout le pourtour en travées percées d’une ouverture à chaque étage.Au-dessus de l'entresol règne une balustrade qui borde un balcon existant à toutesles travées ; et à la partie supérieure une autre balustrade, dont la stabilité est assuréepar des points d’appui couronnés de vases, vient terminer dignement l’édifice. Troisdes angles de cette cour étrange sont occupés par des tourelles couronnées par unpetit dôme ou calotte de pierre. Partout les éperons, les arcs saillants, les gargouilles,les entablements ressautant sur les contre-forts, viennent semer à profusion les grandeset petites ombres que nous réclamions tout à l’heure pour les façades extérieures.Un heureux mélange de brique et de pierre vient de son côté, en colorant de nombreusesparties, aider à l’animation de ces façades, qui sont d’un aspect magistral et vraimentimposant.

Un des côtés de la cour, le plus petit, n’est pas semblable aux autres : on y aperçoit, entredes contre-forts du xvi e siècle, de grandes fenêtres d’une époque évidemment antérieure.C’est la chapelle de saint Louis qui, sous François I er , a été agencée aux constructionsnouvelles, et dont l’élévation sur la cour a été surmontée pendant le xvif siècle d’un étagemis en harmonie avec les façades voisines. Mais ceci n’est pas ce que nous avons àsignaler de plus étrange à Saint-Germain ; si nous entrons à l’intérieur du sanctuaire, nousrencontrerons bien d’autres singularités. Franchissons donc sans plus tarder le seuil decette nef du xm e siècle, et constatons que l’on est bien, en effet, dans une chapellegothique par la construction, mais à laquelle une mauvaise décoration de l’époque deLouis XIV vient ôter tout caractère, supprimer toute harmonie. Un remblai de près de2 mètres est venu exhausser le sol et le mettre de niveau avec la cour du château : de là