Ij6 MONUMENS DE LALSACE,
sous une vieille tour; enfin, M. Lambert a cru reconnaître, dans les caves de sapropre maison et des maisons attenantes, des fondations romaines. Toutes cescirconstances m’engagent à placer en ce lieu la station de Concordia; et mêmeen n’admettant qu’une route unique, on pouvait sans doute , pour aller deStrasbourg à Spire, s’arrêter à volonté soit à Brumath et à Lauterbourg, soit àSeltz et à Rbeinzabern. Schœpflin n’ignorait pas les avantages de cette positionet les découvertes d’objets de l’antiquité romaine qu’on y avait faites dès sontemps; mais ayant disposé de Concordia en faveur d’Altstadt, il se détermina àplacer à Lauterbourg le fort de Tribuni ou Tribunci, dont Ammien parle à lamême occasion. Aucun autre auteur ancien ne fait mention de cet établissementromain, et tout ce que l’on peut conclure des paroles d’Ammien sur sa position,est qu’il était voisin à la fois de Concordia et du Rhin . Parmi les endroits diversentre lesquels une indication aussi vague nous laisse dans l’incertitude, le villaged’Au, situé vis-à-vis de Lauterbourg, sur la rive droite du Rhin , est celui en faveurduquel les monumens fournissent le plus de probabilités. Plusieurs autels repré-sentant quatre divinités, placés aujourd’hui dans le Cabinet d’Antiquités forméauprès de la source des eaux minérales de Bade, étaient insérés autrefois dans lesmurs d’une chapelle de ce village.
Au moyen âge Lauterbourg paraît avoir repris de bonne heure de l’importancemilitaire : au i3. e siècle cette place était très-bien fortifiée et gouvernée par descomtes qui en portaient le nom. En 1234, Markedo, comte de Lauterbourg, pritpart à la révolte de Henri VII contre son père, et fut tué dans l’un des combatsauxquels cette rébellion donna lieu. Un peu plus tard cette ville fut donnée auxévêques de Spire : selon Schœpflin, ce fut par l’empereur Guillaume de Hollande .Rodolphe de Habsbourg l’assiégea, et ne parvint.à la réduire qu’après des effortsprolongés pendant quelques semaines. En i3g3 l’ancien château fut reconstruitpar les évêques de Spire, et depuis ils y établirent plusieurs fois leur résidence.Lauterbourg fut ravagé dans la guerre de trente ans et dans celle des Pays-Bas.En 1676 les Autrichiens employèrent dix mille hommes à élever autour de cetteplace ces redoutes tellement considérables qu’on les appela opéra Dei. Le Gou-vernement français répara les fortifications de Lauterbourg en 1706 et 1 70g : cestravaux et ceux que les ingénieurs français continuèrent à exécuter depuis, firentdisparaître la plupart des anciens monumens, et il n’existe plus que quelquesmurs de l’ancien château. Une tour qui sépare la ville du faubourg, porte ladate de 1001 ; mais elle n’est tracée qu’en couleur, et en conséquence d’uneauthenticité fort douteuse.
Le village de Nieubourg, situé sur les bords du Rhin à l’extrémité nord-est denotre territoire actuel, renfermait une abbaye, des biens de laquelle l’électeurpalatin s’empara en i56o, et un château appartenant plus anciennement à cesprinces: ce manoir féodal fut englouti parle Rhin ; mais ses ruines, enterréespendant long-temps dans le sable, ont reparu depuis quelques années.
Nous voici arrivés aux limites auxquelles notre département a été réduit par