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ÉCO ÉCO
» Plutôt que d’écobuer, semez des herbes afin deles enterrer; il vous en coûtera moins , et le produitsera plus réel.
» Un citera, j’en conviens, l’exemple et la cou-tume de certains pays ; mais je prie les partisans del’écobuage de juger par comparaison. Il faut créerde la terre végétale, les matériaux de la sève, et nonpas les détruire.
o 11 résulte que l’écobuage n’est une bonne opé-ration que dans les terrains substantiels et humides,remplis d’herbes et de broussailles qu’il faut dé-truire. »
M. Bosc , dans le Nouveau Cours d’agriculture ,reconnaît la solidité des principes contenus dans cetarticle, et il ajoute qu’on peut les fortifier encore parles exemples que fournit l’expérience. Il blâme l’é-tobuage sur-tout dans les terrains arides, les solssablonneux et calcaires ; mais il pense que cette opé-ration est utile dans les terrains argileux et tour-beux, parce que les premiers, étant tenaces, se trou-vent plus divisés par les cendres que produit l’éco-buage, et que les seconds, ou les tourbes qui, dansleur état de pureté, ne peuvent nourrir qu’un petitnombre de végétaux et aucun arbre, deviennentpropres à la culture par l’influence de la potasse etde la cendre sur la tourbe, qu’elles rendent soluble,et qu’elles transforment en un excellent engrais. Lachaux produirait le même effet sur la tourbe sansécobuage ; mais la dépense serait plus considérable.
L’écobuage a lieu dans quelques forêts pour pré-parer les terrains à recevoir des graines d’arbres.Les inconvéniens qu’on reconnaît à cette opérationdans les terres maigres et légères, existent pour lesmêmes terrains dans les forêts, mais avec moins dedésavantage, parce que les sels qui résultent de lacombustion des bruyères et autres plantes, suffisentordinairement pour développer les semences, et quela terre, n’étant plus remuée, acquiert la fermeté né-cessaire pour conserver un peu d’humidité. D’ail-leurs les jeunes plants, en grandissant, fournissent,par leurs dépouilles et l’ombre qu’ils procurent, unefraîcheur et un engrais salutaires. J’ai vu dans laforêt d’Orléans la preuve de cette assertion Dessemis considérables de bouleaux avaient été faits surdes terrains sablonneux, après des écobuages etmême des incendies qui avaient brûlé les bruyèresetla superficie du sol. Le succès étonnant de ces semisa fait regarder comme un événement heureux l’in-cendie d’une grande étendue de bruyères qui avaiteu lieu dans l’arrondissement de Lorris. X.Bouleau
J’ai remarqué un exemple du bon effet de l’éco-buage dans les terrains tourbeux et dans les terres debruyère humides, La forêt des Alluets, à quelqueslieues de Versailles , présente une étendue assez con-sidérable de terrain de cette nature. J’ai, avec l’ins-pecteur forestier, M. Jacquelin, vu ce terrain, quin’offrait dans son état que bien peu de ressourcespour une plantation. Nous avons reconnu qu’onpouvait y faire réussir le pin sauvage et le pin ma-ritime, soit en faisant faire des rigoles pour l’écou-lement des eaux, soit en faisant écobuer. Les deuxmoyens ont été employés avec un égal succès, et au-jourd’hui les semis qui y ont été faits présentent unmassif d’arbres verts de la plus belle venue. V. Pin.
ECOLE , scbola. Lieu où l’on enseigne les belles-lettres , les sciences, les arts , etc.
ÉCOLES FORESTIÈRES. On appelle ainsi lesétablissemens où l’on enseigne l’art de gouvernerles forêts.
Au moment où nous livrons cet article à l’im-pression , une ordonnance du roi prescrit de formerune école forestière , sous la surveillance du direc-*teur général des forêts.
Cette ordonnance, du 26 août 1824, porte qu’ilsera fait un réglement pour déterminer le inode d’en-seignement. Comme notre article, rédigé depuisplus de dix ans , et inséré, en 1821 , dans le Dic-tionnaire des arbres et arbustes de l’ Encyclopédieméthodique , contient les motifs qui, depuis long-temps , Font désirer l’établissement d’écoles fores-tières , et l’indication des connaissances qui nousont paru devoir y être enseignées , nous croyonsutile de le reproduire ici tel qu’il a été imprimé pré-cédemment.
Il existe, avons-nous dit, des écoles forestièresdans la plupart des états de l’Europe , et notammenten Allemagne . Elles sont destinées à l’instructiondes personnes qui désirent exercer des emplois fo-restiers, ou qui veulent apprendre à administrerleurs propres bois.
Il n’y a jamais eu de ces écoles en France , et l’ona souvent agité la question de savoir s’il serait utiled’y en former. Four résoudre cette question, il estnécessaire d’entrer dans quelques détails sur la na-ture de l’administration des forêts, et des connais-sances que cette administration exige.
Les administrations publiques se partagent natu-rellement en deux classes : l’une comprend toutesles administrations qui n’exigent d’autre connais-sance que celle des lois et réglemens qui les ré-gissent ; l’autre embrasse les administrations ouservices publics , qui, outre la connaissance des ré-glemens, exigent l’étude de quelques parties desciences ou d’arts. Les emplois de la première classepeuvent être remplis par des sujets qui ont reçu unebonne éducation ordinaire, parce que les règles deces administrations s’apprennent par la pratiqueseule. Quant aux emplois de la seconde classe , il estévident qu’ils 11e peuvent être déférés qu’à ceux quiont étudié les sciences qui s’y rapportent.
Nous pouvons ranger dans cette seconde classele génie militaire , les ponts et chaussées , la topo-graphie , les mines, les salines , la navigation, lespoudres et salpêtres , les constructions navales, lesopérations géométriques du cadastre , enfin tous lesservices publics qui exigent le secours et l’applica-tion des sciences. Ces faits sont reconnus , et déjàil existe, tant à Faris que dans les départemens ,des écoles pour lesdifférens services que nous venonsde citer.
Il en existe aussi pour l’art vétérinaire , pour lesarts et métiers et pour l’agriculture.
Enfin , Sa Majesté a ordonné l’établissement deplusieurs fermes expérimentales pour toutes lesbranches de l’économie rurale .
On connaît les bienfaits de ces établissemens,dont la plupart sont cependant de création peuancienne.