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Tome second.
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un seul réglement auquel elles aient servi de base.La pratique fut long-temps abandonnée aux préju-gés et à lignorance. La science était dans les livres,et la routine aveugle administrait les forêts; lins-truction, toujours si lente à se répandre quand onuen fait point un devoir, nallait point jusquauxforestiers, ou du moins si quelques-uns de sesrayons venaient à frapper et à éclairer un petit nom-bre de praticiens , ils étaient perdus pour la foule ;il était même dangereux de chercher à la propager ,tant la force des préjugés maîtrisait la pratique. Cetétat de choses na point encore disparu , et lon peutdire quil ne disparaîtra absolument que lorsquelinstruction fondamentale sera devenue une condi-tion expresse de ladmissiblité aux emplois fores-tiers. Alors, seulement, les profondes instructionsde Duhamel, de Buffon, de Réaumur, de Varennesde Fenille , de Perthuis, de Burgsdorf, de Hartig,de Laurop et des autres savans forestiers de laFrance et de lAllemagne , sortiront de la classe despropositions théoriques pour se répandre dans toutle système des opérations pratiques.

Nous venons dindiquer quelques-unes des causesqui ont retardé la marche des connaissances fores-tières. Elles ne sont point les seules. En effet, il nesuffisait point que les élémens de la science exis-tassent, il fallait les réunir , les coordonner, enformer un corps complet de doctrine ; il fallait sur-tout que la loi imposât lobligation dexaminer lesaspirans. aux places forestières sur les principesainsi déterminés de létat quils voulaient embrasser;niais aucun réglement na fixé linstruction quondevait exiger, et cet oubli a été lune des premièrescauses du défaut dinstruction des anciens préposésà ladministration des bois. Lordonnance de 1669 afait tout ce quil était possible quelle fît alors, et onne peut imputer à ses rédacteurs de ny avoir pasintroduit des principes plus développés sur lécono-mie forestière, lis nont pu y renfermer que des dis-positions correspondant au degré des connaissancesalors existantes. Cette ordonnance, considéréecomme un réglement de police , est un des beauxmonumens de la législation ; mais si nous lenvisa-geons sous le rapport de la partie physique et éco-nomique des bois , son insuffisance se manifeste detoutes parts. Elle exige bien que les officiers des fo-rêts connaissent les dispositions judiciaires et admi-nistratives quelle renferme, et quils soient instruitsdu fait des ea ux etforets ( tit. I er ., art. 16, et tit. II,art. 1 ). Cest ce fait des eaux et forêts , cette ma-tière, quil eût été à désirer quelle fixât, ainsi quelexamen à faire des candidats, sur les sciences phy-siques et mathématiques utiles à la science. Quantaux gardes, ces surveillans continuels qui, parleurs observations, seraient à portée de donner du-tiles renseignemens aux officiers supérieurs , et defaire ou de proposer des améliorations raisonnées ,sils avaient un certain degré dinstruction, lordon-nance exige seulement quils sachent lire et écrire( tit. X , art. a). On sent toute linsuffisance de cesdispositions, quoiquon doive croire quil est danslesprit de ce réglement que les emplois ne soientréellement conférés quà des hommes instruits.

Une autre cause a, dans ces derniers temps, porté

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une atteinte funeste au désir de linstruction , enmême temps quà lémulation. Les emplois fores-tiers furent exclusivement réservés pour récompen-ser des services bien recommandables sans doute ,mais qui navaient aucun rapport avec le service fo-restier. Un usage semblable sétait introduit enPrusse; il a été réformé par une ordonnance du sou-verain , qui, à son avènement au trône, déclara queles emplois seraient conférés dans le seul intérêtdes forêts, et non exclusivement à titre de récom-pense. Et en effet, dit à cette occasion M. de Burgs-dorf, le souverain dun pays riche et florissant man-que-t-il de moyens plus convenables et moinsdangereux de récompenser de fidèles sujets qui ontpassé leur vie au service militaire ?

11 existe un autre obstacle à lamélioration deléconomie forestière, et qui tient immédiatement àune disposition de la loi. Lordonnance de 1669 etla loi du 28 septembre 1791 veulent quon aitvingt-cinq ans accomplis pour être admis à un em-ploi forestier, même à celui de simple garde. IIrésulte de cette disposition que la difficulté dat-teindre un âge aussi avancé pour se faire un état,détourne ceux qui auraient du goût et des disposi-tions pour la partie forestière , et quil se présentesouvent, pour remplir les places, des hommes quedes circonstances ont privés de leur première pro-fession , et cpii ont par conséquent passé une partiede leur vie dans des occupations étrangères à cellesquils embrassent. Or, il est bien difficile à un hommequi na aucune idée des fonctions dont il se chargej à vingt-cinq, trente et quarante ans, dy acquérirde la capacité. Il est plus présumable quil resteraétranger, indifférent même aux connaissances dunemploi quil na recherché que par besoin ou pardésoeuvrement ; ses pensées se reporteront toujours[sur ses premières occupations, car il nappartientquau zèle de la jeunesse et à une éducation spécialedimprimer ce goût, cette passion du métier , quifait surmonter les premières difficultés et embrassertoutes les parties de son art. Il faut une activité des-prit bien rare pour suppléer à cette condition.

La vérité de ces observations et leur applica-tion à la partie forestière ne peuvent être con-testées.

§ 3 . De la nécessité de former des sujets pour lesemplois forestiers.

Nous avons dit que le seul moyen de former dessujets instruits était détablir des écoles forestières,parce que la pratique, si elle nest basée sur lesprincipes de la théorie, nest souvent quune rou-tine et un tissu derreurs ; et nous avons vu quilexistait des écoles pour un grand nombre de servicespublics, auxquels le service forestier peut être as-similé par son importance et par les connaissancesquil exige.

Nous avons aussi rapporté les opinions de ceuxqui ont combattu le projet de ces écoles, lis ont ditquil était de la nature de la science d'enfanter dessystèmes, et ils se sont appuyés de cette opinionpour soutenir quen lintroduisant dans ladminis-tration des forêts , on y introduirait à-la-fois unesprit dangereux dinnovation. Ils ont pensé, dail-