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rait assez long-temps, si le hois dépourvu d’écorcene se desséchait pas; cependant il ne regarde pasle dessèchement comme l’unique cause de la mortdes arbres écorcés , attendu que la sève, qui ne seporte plus vers le bas pour l’allongement des racines,lui en paraît être une assez considérable. lia mêmeremarqué que quand , de deux arbres sur une seulesouche, il n’en faisait écorcer qu’un, cet arbre vi-vait plus long-temps que s’il eût été seul sur sa sou-che , sans doute parce que l’arbre non écorcé satis-faisait au besoin de ses racines.
3°. Tous les arbres écorcés avaient fait, vers lehaut de la plaie, des productions de nouvelles écor-ces , qui avaient quelquefois un pied et demi de lon-gueur. Dans les expériences de Buffon, c’étaitaussi le haut de la plaie qui formait des bourreletsconsidérables.
4°. Presque toutes les souches avaient poussé denouveaux bourgeons, qui sortaient d’entre le boiset l’écorce vers le bas des plaies des arbres écorcésou entaillés.
5°. Les arbres mutilés qui ont fait des productionsen 1739 , se sont plus tût garnis de feuilles que ceuxauxquels on n’avait fait aucune plaie.
6°. Tous les arbres de l’expérience étant morts,furent trouvés très-durs sous la cognée lors de l'a-batage; mais l’auteur n’en prétend rien conclureen faveur de l’écorcement, attendu que ces arbres,écorcés depuis trois ans, devaient se trouver plussecs que ceux qui avaient été abattus en 1738, an-née de l’écorcement. Ils furent d’abord équarris , eten 174 2 une partie fut refendue à la scie en mêmetemps qu’une partie de ceux exploités à l’ordinaire.Les ouvriers se plaignirent fortement de la grandedureté des bois écorcés; mais il parait que le boisdes arbres qui n’avaient été qu’entaillés ou écorcéspar le pied, n’était presque pas plus dur que celuides arbres exploités à l’ordinaire. Enfin, Duhamelayant fait débiter les arbres de ces expériences enpetits chevrons pour en comparer la force et la pe-santeur , trouva les résultats suivans entre les boisécorcés et ceux qui 11e l’avaient pas été.
N°. 1. Le poids d’un arbre écorcé était à celuiqui ne l’avait pas été, comme J00 est à 90; et laforce , comme 100 est à 82.
K°. 2. Le poids de l’arbre écorcé était à celui quine l’avait pas été, comme 100 est à 92 ; et la force ,comme 100 est à 83.
N°. 3. Le poids de l’arbre écorcé était à celui del’autre, comme 100 est à 94; et la force, comme100 est à 88.
N°. 4- Le poids de l’arbre écorcé était à celui del’autre comme 100 est à 96; et la force, comme100 est à 92.
L’airteur fait remarquer que les bois les pluslourds et les plus forts étaient ceux qui avaient sub-sisté plus long-temps avant de mourir : il en con-clut que les arbres, quoique dépouillés de leurécorce, augmentent en densité et en force, à me-sure qu’ils subsistent plus long-temps en vie. Il setonde, à cet égard, sur des expé-riences qu’il a faites,desquelles il résulte que les arbres augmentent degrosseur principalement dans les mois du printempset de l’été; mais que les arbres écorcés n’augmeutent
point, parce qu’il ne peut se former de nouvellescouches. Dépendant, comme il passe une quantitéconsidérable de sève par leur tronc, et qu’elle nes’évapore que difficilement sur les arbres éoorfcés', àcause de la diminution des feuilles, qui sont les or-ganes de la transpiration des plantes, il s’ensuit quepresque toute la substance nourricière qui a passédans le corps de ces arbres, a été employée à aug-menter la densité, la dureté' et la force du b6is.Tel est le résumé des expériences et des opina ans deDuhamel sur cet objet important. '-' I
V. Yarennes de Feuille s’est aussi üccwpé del’éécorcement des arbres ; il l’a pratiqué d’abord strr d&4peupliers d’Italie. Au mois de mars 1785, il en fitécorcer deux, l’un sur une longueur de rajpâeds,L’autre sur une longueur de 24. Tous deux se. char-gèrent de feuilles ; mais l’arbre écottcé sur 24 piedsjaunit au commencement de l’automne , et penlitsesfeuilles d’assez bonne heure, l’autre ne parut pasavoir souffert. Celui qui avait été écorcé à 12 piedsayant été volé pendant?l’hiver, Varennes deFenillese décida à faire abattre l’autre avec un peupliernon écorcé, qui devait servir de comparaison.
Il en fit écorcer quatre autres au printemps de
I 786, qu’il fit abattre le 7 octobre de la même an-née. l/n peuplier non écorcé avait été abattu l’annéeprécédente pour servir de comparaison.
Des échantillons ayant été préparés y furent dé-posés dans un lieu sec, et pesés tous les huit jours.
II résulta de cette première opération , que les boisccorcés avaient plutôt perdu que gagné du côté dela pesanteur; ils furent ensuite mis à l’épreuve pouren constater la force comparativement avec celledes échantillons de peuplier non écorcé. Le résultatfut également au désavantage des peupliers quiavaient été écorctés.
II me semble que ces résultats étaient naturelspour des arbres imprégnés d’une grande humidité,comme les peupliers. Ceux qui avaient été écorcesont dû perdre beaucoup d’eau de végétation , et parconséquent de leur poids et de leur élasticité.
Y arennes de Fenille fit écorcer aussi un marron-nier d’Inde d’environ 3 pieds de tour sur toute lalongueur de sa tige, qui ne portait guère que 8 pieds.Cet arbre a produit des feuilles et des fruits en 1787(année de l’écorcement), des feuilles et des lleursqui n’ont pas noué en 1788, et au printemps de1789 des bourgeons qui se sont développés, maislanguissamment; à peine les feuilles se sont-ellesépanouies , elles se sont séchées pendant l’été. L’ar-bre fut abattu le i er - octobre 1789. Un paralléiipi-pède de 6 pouces en fut tiré. Il pesait alors à raisonde 5 y livres 9 onces par pied cube; mais, le 2 août1793 , il ne pesa plus que 3i livres 1 once 3 gros parpied cube.
Or, 3 arennes avait constaté que le pied cube debois de marronnier pesnit, vert, 60 livres 4 °uces4 gros; et sec, 35 livres 7 onces 1 gros. Ainsi,l’opération de l’écorcement avait plutôt diminuéqu’augmenté sa pesanteur spécifique.
Cet auteur estimable, qui s’occupait avec tant dezèle et de succès de l’avancement des sciences fores-tière et agricole, avait promis de faire connaître terésultat des expériences qu’il préparait-sur l’écorce-