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tres-sensibles aüx froids du printemps, bien que parla suite ils y résistent parfaitement.
L'ErabIe-PiAne ou oeNorwége (V. la figure àl 'Atlas, PL Xfl) est, comme le sycomore, un ar-bre delà première grandeur et d’un port agréable,qui croit naturellement sur les hautes montagnesde l’intérieur de la France , dans le nord de l’Eu rope et dans l’Amérique septentrionale. Il a beau-coup dê ressemblance avec le sycomore; néanmoinsil s’en distingue par plusieurs caractères.
Ses racines s’étendent aussi beaucoup, et son pi-vot est assez considérable.
Son tronc est droit, sa cime étalée et garnie d’uneverdure riante. Il s’élève de 5 o à 60 pieds, c’est-à-dire un peu moins que le sycomore, et acquiert unegrosseur proportionnée à son élévation.
L’écorce est tout-à-fait verte sur les jeunespousses; elle prend ensuite une couleur rougeâtreponctuée de blanc ; celle du tronc est grise et un peugercée ; mais elle varie suivant les localités, étantjaune ou cendrée sur les montagnes, et brune dansles bas-fonds.
Les boutons ne différent point, quant à la forme,de ceux du sycomore, mais leur couleur est très-différente : ils sont ronges en automne et d’un rougefoncé en hiver.
Les feuilles sont plus minces , plus unies, vertesdes deux côtés , luisantes , presque rondes, en cœurà leur base , à cinq ou sept lobes plus aigus et peudentelés. Elles donnent un suc laiteux et âcre , quisort du pétiole lorsqu’on le casse, et qui se coaguleà l’air. Dans leur jeunesse , elles sont presquerouges et transparentes; elles acquièrent, en vieil-lissant, une couleur plus verte et plus foncée, etsont traversées par des nervures , qui conserventlong-temps leur couleur rouge. Elles ont environ5 pouces de long sur autant de large, sont attachéesà de longs pétioles, et tombent vers le mois d’oc-tobre , époque à laquelle elles sont ordinairementd’un rouge clair ou jaunâtre.
Les fleurs paraissent avant les feuilles, vers lafin d’avril ou le commencement de mai ; elles for-ment des grappes moins longues que dans le syco-more, et sont disposées en corymbes.
Les fruits ont des ailes jaunes , un peu plus cour-tes , plus aplaties et beaucoup plus divergentes quedans L’espèce précédente : ils mûrissent en sep-tembre et octobre. C’est vers l’âge de quarante ansque l’érable-plane donne des semences fertiles.
Le bois dans la jeunesse est blanc, moiré, et dansun âge plus avancé sa couleur tire sur le gris. IL estd’un grain moins fin et d’une pesanteur moindreque le sycomore , ne pesant, dans l’état de dessicca-tion, que 43 livres 4 onces par pied cube ; il estferme et même plus dur sans l’être cependantbeaucoup ; il se travaille avec facilité, prend unbeau poli et toutes sortes de couleurs. 11 ne perdqu’un vingt-quatrième de son poids par le dessèche-ment. On l’emploie aux mêmes usages que le sy-comore, mais particulièrement à la fabrication desinstrumens de musique.
La sève de l’érable-plane serait, d’après les ex-périences de plusieurs forestiers allemands , moinsabondante que celle du sycomoré ; mais en revan-
che elle serait bien plus riche en princijies sucres.HermbslatEa tiré d’un plane de 14 pouces de. dia-mètre, saigné pendant cinq jours, 3 o quarts de sève,et il a obtenu par quart 3 lotlis de sucre ; mais ,d’après d’autres chimistes , on a obtenu d’une saignoequi a duré huit jours, de 3 1 à 35 quarts de sève ;96 livres de cette eau ont donne 4 livres de sirop ,et 80 à 100 livres de sirop ont donné de 4 à 6 livresde sucre cristallisé. La sève , vers la fin de sonécoulement, avait, comme dans le sycomore, uneconsistance sirupeuse et un goût amer : c’est pour-quoi il fallait la mêler avec la première sève re-cueillie , pour la rendre plus douce.
accroissement du plane est également considé-rable. \almont de Bomare cite un semis fait sur unterrain sec, dont les plants avaient acquis une hau-teur de 12 pieds en trois années. Cet arbre, commefutaie, peut s’exploiterà soixante-dix, quatre-vingtsou cent ans. Il convient sur-tout en taillis, à cause desa grande facilité à repousser de souche, ,et delàpromptitude de sa croissance. On peut l’exploiter,comme le sycomore, avec beaucoup de profit à vingt-cinq , trente et trente-cinq ans.
Ce qu’on a dit du semi 3 et de la plantation dusycomore s’applique à l’érable-plane ; cependantcelui-ci parait se contenter encore mieux des ter-rains secs et légers. C’est un arbre à multiplier,ainsi que le sycomore, dans les forêts et sur lesroutes. On dit que tous les deux sont très-propres àformer des plantations près de la iner, et pour abri-ter les arbres qui en sont voisins , et qu’ils crois-sent à cette exposition plus aisément que la plupartdes autres végétaux.
L’érable-plaue produit des effets agréables enavenues , eu allées et en massiis, par son feuillagebrillant et d’un beau vert et par l’élégance de sonport. 11 conserve ses feuilles fort tard dans les bonsterrains, où il pousse d’ailleurs vigoureusement;mais dans les sables secs et dans l’argile , il les perdde bonne heure, quoiqu’il y végète mieux que beau-coup d’autres arbres.
Quelquefois, durant les chaleurs de l’été, lesfeuilles de cet arbre, comme celles du sycomore, secouvrent d’un suc extravasé, rassemblé en petitsgrumeaux blancs et sucrés , dont les abeilles fontd’amples récoltes; mais cet enduit, que l’on nommevulgairement manne ou rosée mielleuse , est nuisi-ble à la végétation, en ce qu’iL bouché les poresde la surface supérieure des feuilles, qui est destinéeà la transpiration de la plante. M. Tschoudi con-seille de planter cet érable dans le voisinage de>sruches à miel.
O11 connaît deux variétés de l’érable-plane : l’une,à feuilles panachées, et l’autre, fort remarquablepar ses feuilles laciniées et crépues. Cette dernièreest fort recherchée par les curieux ; elle se propagede greffe sur L’érable-plane , ou , mieux , sur le sy-comore , dans les jardins paysagers, où elle con-traste avec le feuillage des autres arbres. On l’appelleérable à feuilles laciniées , ou érable à feuilles depersil; mais comme cette variété singulière n’estque Le produit d’une maladie , elLe ne fleurit jamaiset 11e vit pas long-temps.
Les autres espèces d’érables sont moins multi-