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sera certain que le bois continue de profiter. Le»pendant il faut savoir faire une application raison*née de cette règle : par exemple, il y a des annéesd’une végétation extraordinaire, ce sont celles oùrégnent des temps chauds et pluvieux; il y en ad’autres où la végétation est presque nulle, à causedes froids, des sécheresses ou des insectes qui dé-vorent les feuilles. Telles sont les circonstancesqu’on doit apprécier, car autrement on pourraitprendre pour une rigueur ou une langueur habi-tuelle ce qui ne serait que l’eflet d’une cause mo-mentanée. Nous pensons aussi qu’on ne doit pasen faire une application générale dans les futaiespleines, parce que les arbres qui croissent en mas-sif serré s’élèvent d’abord avec rapidité, et qu’unefois arrivés à leur hauteur naturelle, ils ne donnentplus que de faibles pousses , quoiqu’ils continuentde grossir encore pendant long-temps. Quant auxarbres épars et aux baliveaux sur taillis, ils allon-gent leurs branches tant que dure leur accroisse-ment en diamètre.
Au surplus, si ce caractère seul ne suffit pas pourprocurer la connaissance qu’on désire, on doit s’ai-der des autres indices que fournit la nature, et quisont indiqués par Duhamel, p. i 33 de son premiervolume de l 'Exploitation des bois. M. Dralet en adonné l’analyse suivante , dans laquelle il a compriscelui dont nous venons de parler : a Lorsqu’un tail-lis, dit-il, a cessé de s’élever et de grossir, sa têteest arrondie ; les pousses annuelles n’allongent plusles branches que de la longueur du bourgeon ; si l’oncoupe une de ces branches , on remarque que lescouches concentrique» peuvent à peine se compter,tant elles ont peu d’épaisseur, et que l’aubier cessede se convertir en bois dur ; le tronc se charge demouBses , de lichens, d’agarics et de champignons ;l’écorce se détache du bois, elle est inarquée de ta-ches noires ou rousses ; elle se sépare par des ger-çures qui occasionnent l’écoulement de 1 r sève; lestranches les plus directes de la cime se dessèchent;les branches latérales s’inclinent vers l’horizon ;enfin, les feuilles paraissent de bonne heure au prin-temps; celles du bas sont plus vertes que celles duhaut, elles jaunissent avant le temps ordinaire.Suivant que ces divers effets sont plus ou moinssensibles, le bois est en parfaite maturité ou iltombe en dépérissement, et il ne faut plus en retar-der la coupe. »
L’inclinaison des branches vers l’horizon fournitdes indices assez sûrs dans les arbres isolés, et ona même considéré les différens degrés de cette incli-naison comme indiquant rigoureusement ceux de lavégétation d’un arbre. On a dit, par exemple, qu’unarbre était dans toute sa force' lorsque ses branchesdécrivaient un angle «le 4 ° à 5 o degrés; qu’il se sou-tenait lorsque l’angle était de 5 o à 60; qu’il décli-nait lorsque les angles s’abaissaient à 70 degrés, etque rarement il durait jusqu’au parallélisme de sesbranches avec le 90 e . degré. Cette assertion peutêtre fondée en général ; mais il y a des exceptionspour les arbres dont les branches s’allongent beau-coup et s’abaissent promptçnieni , comme le hêtre,le cèdre; pour ceux dont les branches sont 'char-gées de feuilles persistantes, comme les pins, les'
sapins ; pour les arbres enfin dont les branches sonttrès-llexible», comme le bouleau , le saule de Ba-bylone , été.
L’àge ou la maturité des arbres forestiers, et sur-tout du chêne, se reconnaît encore par une fécon-dité particulière: 1 n senectâ ferlilissimœclandiferw.{Pline.)
C’est de l’ensemble des indices ci-dessus, et del’examen des autres circonstances locales, commede la nature et de la profondeur du terrain, de l’é-tat du climat, de l’exposition, etc., qu’on doit for-mer son jugement sur la maturité des bois.
Nous avons indiqué, an mot Dépérissement , l’ifgeoù plusieurs espèces d’arbres dépérissent; les cause»qui hâtent ou retardent ce dépérissement; les signesqui annoncent la vigueur d’un arbre, sa maturité etson dépérissement. V. ce mot.
Chapitre II. ■— De la saison la plus favorable à la
coupe des bois, sous le double rapport de la du-rée des bois qu’on abat, et de la reproduction des
souches.
Dans toutes les sciences, comme dans toutes lesmatières qni intéressent la société , on ne doit ad-mettre qu’avec une grande réserve et qu’après unmûr et long examen les conséquences qu’on dé-duit d’expériences nouvelles et de raisonnemens quitendent à renverser des principes depuis long-teinpsétablis. Quels que soient, en effet, les progrès desconnaissances humaines et de l’art de raisonner, onest forcé de reconnaître dans les usages consacrésparles siècles un caractère de recommandation quinous fait un devoir, sinon de respecter aveuglémentces usages séculaires, du moins de né les attaquerou de n'admettre de principes contraires qu’avec laplus grande prudence : autrement on s’expose à deserreurs dont les suites sont souvent irréparables, eton se voit dans l’obligation de revenir à des idéesque notre légèreté ou notre orgueil nous avait faitregarder comme des préjugés populaires. Cesaoliser-vations ont une application directe à la matière quenous allons traiter.
De tout temps et dans tous les pays, on a été dansl’usage d’ubaltre les bois pendant l’hiver et hors letemps où la sève est active. O11 croit communé-ment, dit Pline, que tout bois qu’on veut équarrir11e doit se couper qu’après qu’il a porté son fruit.Le chêne-rouvre, si on le conpe au printemps, estfort sujet à devenir vermoulu ; mais si on le coupevers le solstice d’hiver , il ne se gâte et ne se courbepoint, au lieu que, coupé dans un autre temps , ilest sujet à se déjeter et à se fendre : Vulgo satispu-tant observare , neque dedolanda arbor slernatnrante éditas fructus. Robnr itéré cresitm teïedinemsentit: brumd autem neque -viciiitr/r, neque pànda-, tur , aliàs obnoxium eîiam ut torque at sesefndatque.{Pline, liv.XVl ,'chap. XXXIX. Vifruvemotivela défense de couper les arbres en temps de sève,sur ce que les arbres poussent pendant l’été et fontim effort pour produire des branches et des'fruits ,et sur ce que cet effort fet l'humidité dont ils sontimprégnés à cette époque', les privent deleair force :Vere enitn omîtes arbores ftint pnegnantes , éton-nés suæ proprietatrs fertutem èffè'rtléit in Jmndes,