Band 
Tome second.
Seite
88
JPEG-Download
 

88

EXP

EXP

a”. Qu’il n’est pas sûr que pour conserver au boissa bonne qualité, il soit plus avantageux de le des-sécher le plus promptement possible ;

3*. Que c’est dans le printemps et en été que lesarbres se dessèchent le plus promptement ;

4“. Que les arbres abattus pendant l’hiver se sonttrouvés un peu plus pesans après qu’ils ont été secs,que ceux qui avaient été abattus en été; mais quecette différence est peu considérable ;

5°. Que l’aubier des bois abattus en été s’estmieux conservé que celui des arbres qui avaient étéal^attus en hiver ;

6°. Que tous ces bois, après avoir été examinésdans leur rupture, ont paru avoir à-peu-près uneforce pareille ;

7 °. Que la pourriture a affecté à-peu-près égale-ment les bois abattus dans toutes les saisons ;

S°. Que les bois qui avaient été abattus au prin-temps et en été n’étaient guère plus gercés que lesautres.

Nous ferons quelques observations sur la pre-mière conséquence déduite des expériences de Du-hamel , tendant à établir qu’il y aurait autant desève dans les arbres en hiver qu’en été, par la rai-son que , d’après ces expériences, les arbres coupésen hiver et en automne auraient été plus pesans queceux abattus au printemps et d<ins l’été. D’abordl’auteur convient lui-même que quoiqu’il ait usé dela plus grande diligence, tant pour tirer les bois dela Forêt aussitôt qu’ils ont été abattus que pour lesfaire équarrir, les réduire aux dimensions requiseset pour les peser, il a fallu néanmoins quelquefoisemployer plusieurs jours pour exécuter toutes cesoperations; qu’il est certain que la sève s’échappebien plus promptement du bois en été que pendantl’hiver, d’où il suit nécessairement que cette plusgrande évaporation de la sève en été , jointe à la ra-réfaction de cette sève dans la même saison, a purendre les bois de certains abatages dans les moistie l’été plus légers que d’autres.

Nous ajouterons à cette observation les réflexionssuivantes : on sait que les bois en grume et ceux quisont tiavaillés se pénètrent, dans la saison humidede l’hiver, d’une grande quantité d’eau , qui lesgonlle et les rend plus pesans. Les arbres vifs et surpied éprouvent certainement un effet analogue ,quoiqu’àun moindre degré. Il est donc possible quela pesanteur assez considérable trouvée aux boisabattus en hiver , provienne de cette circonstance, enmême temps que de la densité de la véritable sève res-tée dans l’arbre : d’où il suit que Duhamel n’auraitpas été fondé à conclure de cette pesanteur que lesarbres contiennent réellement autant de sève enhiver qu’en été. En effet, l’humidité qui les pénè-tre dans cette première saison, sur-tout après qu’ilssont coupés, ne peut pas être confondue avec la sèveliquide de l’été. Cette humidité de l’hiver n’estqu’un fluide aqueux sans mélange notable avec lesprincipes de la sève , qui ne contracte, faute de cha-leur , aucune union sensible avec elle , et qui sedissipe bien plus facilement et sans emporteraucunepartie fixe.

Nous pensons donc , nonobstant les observationsde Duhamel, que les arbres ne contiennent pas au-

tant de sève en hiver qu’en été. Nous pensons aussique les vapeurs de l’atmosphère qui entrent dansla masse ligneuse en hiver, ne peuvent avoir sur laqualité du bois le même inconvénient que les fluidesséveuxet fermentescibles qui imprègnent toute cettemasse au printemps et dans l’été.

Sur la quatrième observation , que les arbresabattus pendant l’hiver se sont trouvés un peu pluspesans après qu’ils ont été secs , que ceux quiavaient été abattus en été, quoique cette différencefût beaucoup moins grande que lorsqu’ils étaientverts , il se présente encore une réflexion toute na-turelle : la sève, durcie pendant l’hiver, adhèrebien plus fortement aux libres ligneuses que pendantl’été, où elle se trouve dissoute par le flegme quis’y mêle à cette époque , et par l’effet de la chaleur,qui dilate cette sève condensée. Dès-lors, la partiede cette sève qui était destinée à rester fixe, maisqui est devenue liquide , s’échappe bien plus facile-ment qu’en hiver, où, par sa condensation , elle estretenue dans les pores du bois. Il n’est donc pasétonnant que le bois des arbres abattus en hiverconserve plus de pesanteur que celui des arbresabattus dans un temps où la sève , en s’évaporant,emporte des parties fixes. Duhamel lui - même nes’est point dissimulé cet effet, et il a , de plus , ob-servé que la sève, dans l’état de fluidité où elle setrouve au printemps ou pendant l’été, avait unegrande disposition à fermenter. Plusieurs faits qu’ilrapporte , et des expériences plus récentes encore ,prouvent cette vérité ; mais pour appuyer l’opinionoù il était que l’abatage d’été ne pouvait être nui-sible à la qualité du bois, il observe que la partieflegmatique de la sève qui donne lieu à cette fer-mentation , s’échappe très-promptement des arbresqu’on abat dans la saison du printemps et dans cellede l’été, et que ces arbres seraient d’un bon servicesi on s’attachait à les dessécher avant que leur sèveeût pu s’altérer dans les pores.

Nous ferons remarquer ici que toutes les expé-riences qu’on fait en petit sur les bois et dans uncourt espace de temps, sont sujettes à bien des con-tradictions et à bien des erreurs. Nous avons lu, plu-sieurs fois et avec une grande attention , tous lesdétails dans lesquels Duhamel est entré sur les ex-périences qu’il a faites relativement aux abatagesdes bois dans les différentes saisons, et nous sommesdemeurés convaincus qu’on ne pouvait rien ou pres-que rien conclure de ces expériences. En effet, tan-tôt ce sont les bois coupés au printemps ou en étéqui se sont trouvés les meilleurs, tantôt ce sont lesbois coupés en bi\er; et d’un autre côté, ces boisont été soumis à des expériences trop courtes, quantau service qu’on pouvait en attendre dans aucunecirconstance, ou bien ou leur a fait subir des dessé-chemens artificiels, comme ceux faits au four , quine peuvent se comparer à ceux qu’opère la nature,et qui ont dû changer les rapports différens qui setrouvaient entre ces bois. Il faut donc en revenir àl’opinion générale , et sur-tout à celle des hommesqui font emploi des bois , relativement à la saison àlaquelle il convient de les couper, et se mettre eugarde contre des expériences brusques , contrariéespar une infinité d’accidens, et par lesquelles on vou-