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tières , année 1809 , la description que nous avonsdonnée de ces flottes.
La théorie du flottage est fondée sur des principessimples On sait que toute espèce de bois, sur-toutquand il est sec , étant spécifiquement plus Léger quel’eau, surnage lorsqu’on le jette dans une massed’eau assez considérable pour le soutenir ; mais l’ap-plication de ce principe au flottage exige des con-naissances et des opérations assez étendues : ellesconsistent à connaître les cours d’eau qui y sontpropres 5 à les disposer pour rendre facile la marchedes trains de bois ; à savoir préparer ces trains ; àles conduire et à les débàcler.
Le flottage a lieu pour le bois de chauffage ou lebois court, et pour le bois de construction ou le boislong.
Le flottage du bois de chauffage se fait, commenous l’avons dit, soit à bois perdu, soit en train.Les ruisseaux, qui, au printemps, conservent cons-tamment une quantité d’eau suffisante, et les petitesrivières où l’on peut établir des écluses , sont pro-pres au flottage de ce bois. Les très-grandes rivières,et sur-tout celles qui sont rapides, y sont moinspropres, parce que la conduite du bois s’y fait avecmoins de tranquillité, et que les trains sont sujets àse déranger.
Mais les grandes rivières sont particulièrementemployées au flottage des bois de grande dimension.On peut aussi y employer les rivières d’une moyenneétendue, pourvu qu’elles conservent assez d’eau pen-dantla durée du flottage, qu’elles ne présentent pointde courbes trop brusques, et que le cours n’en soitpoint embarrassé par des rochers ou des pierres entrop grand nombre. On fait flotter sur les petites ri-vières des pièces de construction, seule à seule, enles plaçant dans les endroits où l’eau n’a pas unechute trop torte, ou bien on forme des écluses pouren élever l’eau, et on y rassemble le bois.Quand lesrivières et les ruisseaux présentent une largeur suf-fisante pour que plusieurs pièces de bois placées lesunes à côté des autres et liées ensemble puissent pas-ser, 011 en forme des trains dont la largeur et l’é-paisseur sont proportionnées à la largeur et à laprofondeur de ces rivières.
Relativement aux travaux qu’exigent les rivièreset les ruisseaux pour le flottage , ils ont pour objetde faire disparaître tous les obstacles qui peuventcontrarier ou embarrasser le flottage ; de prévenirles accidens qui peuvent arriver aux moulins, usi-nes ,.écluses, pertuis , etc.; d’assurer le succès duflottage de manière que le bois arrive à sa destina-tion sans perte, et que le débàclage en soit facile.
Les obstacles que peut éprouver le flottage sontprincipalement ceux-ci :
1 ». La trop faible quantité d'eau : cet obstacle estgrand, sur-tout s’il a lieu à la fonte des neiges, épo-que à laquelle on fait flotter sur les petits ruisseaux.Dans ce cas, on établit des réservoirs et des éclusespour y rassembler la quantité d’eau suffisante et enrenforcer le ruisseau à l’époque du flottage. Ces ré-servoirs, que l’on forme ordinairement, en intercep-tant l’eau par une digue dans une vallée étroite ,doivent avoir une certaine étendue et une directionte^e que l’eau qu’ils renferment puisse, lorsqu’on
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lui donne cours, s’échapper avec une grande rapiditéet mettre à flot le bois qu’on a jeté dans le ruisseauou le canal de flottage. 11 est souvent nécessaire d’é-tablir plusieurs de ces réservoirs, afin de donner auruisseau assez de force pour opérer le flottage sansautre secoure, c’est-à-dire pour que ce ruisseau aitau moins un pied et demi à 2 pieds d’eau, quantiténécessaire au flottage du bois de chauffage.
2°. Les courbures ou anses des ruisseaux : lors-que ces courbures sont très-prononcées, elles for-ment un grand'enibarras pour le flottage. Il fautrectifier le lit du ruisseau , et lui donner une direc-tion aussi droite que-possible.
3 °. La trop grande quantité de pierres ou de ro-chers. 11 faut les, extraire, ou les aplanir , ou lesfaire sauter au moyen de la mine.
4 °. Le peu d’.épaisseur du cours d’eau. S’il est oc-casionné par la trop grande largeur du lit du ruis-seau, on resser.rece lit, soit en le creusant dans unepartie de sa largeur, soit par des fascines qui enrapprochent les bords.
5 °. Le défaut de pente. On y remédie en creusantle lit du ruisseau dans les endroits où il est tropélevé , ou en l’élargissant dans les parties trop res-serrées , ou en l’allongeant.
6°. La multiplicité dos usines. Elles offrent sou-vent de grandes difficultés pour le flottage. Le boisde chauffage peut, il est vrai, les franchir pour laplupart du temps 5 mais lorsque cela ne peut avoirlieu , ou qu’il s’agit de flotter de grands bois , onest obligé de construire des passages avec écluses ,ou d’établir au-dessus des usines, des canaux laté-raux , pour conduire le bois jusqu’au-dessous de cesusines.
En ce qui concerne les précautions à prendre pourne pas causer de dommages aux moulins, usines,écluses, pertuis, etc., elles consistent à ce que,pendant le flottage, tous les fossés ou canaux des-tinés au service de ces usines, dans lesquels le boisne doit pas entrer, soient fermés ou défendus pardes estacades qui arrêtent le bois; à interrompre leflottage à bois perdu dans les hautes eaux, et engénéral à ne pas mettre à flot trop de bois à-la 4 ois,parce qu’il se jette contre les bords du ruisseau et ledégrade.
Comme les bois de chauffage n’ont pas ordinai-rementplus de 6 à 7 pieds de longueur, presque tousles ruisseaux de flottage sont disposés pour le trans-port de ces bois ; cependant il y a des ruisseaux quisont tellement resserrés par des rochers, qu’on nepeut y mettre que des bois de 3 pieds de long. Ob-servons enfin que le bois de chauffage destiné à êtreflotté doitétre fendu, parce que le bois rond ne flottepas aussi bien que le bois fendu, qu’il s’enfonce plusfacilement, et que lorsqu’il est retiré de l’eau, il sesèche moins vite et se gâte plutôt que l’autre.
Quant au bois de construction, s’il doit être flottépar pièce isolée , il est indifférent qu’il soit rond oudégrossi; mais si on en fait des trains, il convientque les pièces soient dégrossies au moins de deuxcôtés, pour qu’elles puissent être appliquées l’unecontre l’autre et liées solidement ensemble
La largeur des trains est naturellement subordon-née à celle des rivières et des détroits par lesquels ils