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Tome second.
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SIXIEME SECTION. - DES ORGAXJ.S GÉNERA-

TtUl'.S ET DE J.ELRS FOXC.TIOXS.

La réunion des sexes, ou l’hermaphrodisme, esttrès-commun chez les plantes, et très-rare dans lesanimaux. Ces derniers, doués du sentiment et de lafaculté locomotive, se rapprochent, et leur état desociété assure la conservation de leurs espèces. Lesplantes sont insensibles et fixées au sol, et chez ellesla proximité des organes sexuels favorise la fécon-dation , et le nombre considérable des germes faitque les races se conservent.

On appelle monoïques , et non pas hermaphrodi-tes, les espèces qui portent des Heurs miles et deslleurs femelles distinctes sur un môme pied.

Les espèces diuïques sont celles qui se composentde pieds mâles et de pieds femelles sans aucun mé-lange.

Les triuïques sont cellesquicomprennentdes piedshermaphrodites, des pieds mâles et des pieds fe-melles. Ces trois combinaisons n’ont lieu souventque par suite d’avortement.

J.a Jleur.

C’est cette partie locale et transitoire du végétal,qui se compose d’un ou de plusieurs organes mâles oufemelles, ou des deux sexes à-la-fois, et qui sont ordi-nairement accompagnés d’enveloppes particulières.

Un organe mâle ou femelle peut donc, à lui seul,constituer une Heur ; mais cette ileur est incomplète.Pour qu’une Heur soit complète , elle doit offrir lesorganes des deux sexes, environnés d’une doubleenvçloppe.

La rose, l’œillet sont des fleurs complètes, c’estce que l’on reconnaît facilement si on examine lesparties qui les composent. Dans l’œillet simple, parexemple, ce qui attire d’abord les regards, ce sontcinq lames délicates et colorées, ou, si l’on veut,cinq pétales disposés en rosace, et qui sortent d’untube vert. Les cinq pétales constituent la corolle. Letube vert est le calice. Le calice et la corolle formentle périanthe double, c’est-à-dire la double enve-loppe de la fleur.

Deux filets incolores , divergens et courbés, sor-tent du milieu de la corolle. En détachant le caliceet la corolle, on voit que les deux filets surmontentun corps oblong, placé au centre de la fleur. Si onexamine, à l’aide d’une loupe, les deux filets, onaperçoit des papilles très-délicates , placées sur uneligne longitudinale, d’un seul côté des filets. Le corpsoblong est l’ovaire ; les filets sont les styles ,• les pa-pilles indiquent la place des stigmates. L’ovaire, lesstyles et les stigmates composent le pistil ou l’or-gane femelle

Avant qu’on eût détaché le double périanthe , ona dû remarquer dix petites masses membraneuses etcolorées, placées avec symétrie autour des styles.Après la suppression du périanthe, on voit que cesdix petites masses sont attachées au sommet de dixsupports grêles ; que cinq des dix supports sont fixéssous l’ovaire, que les cinq autres sont fixés à l’ex-trémité inférieure des pétales.

Si la fleur est un peu avancée, une quantité in-nombrable de corpuscules jaunâtres, semblables à

une poussière très-fine, s’échappent des dix petitesmasses par des fentes qui s’ouvrent d’elles-mèmes.

Les corpuscules sont l epolleny les dix petites mas-ses, ou, pour mieux dire, les dix petits sacs mem-braneux qui contiennent le pollen, sont les anthè-res; les supports des anthères sont les Jilets, queM. Mirbel appelle, en employant une expressionplus générale , les androphores. Le pollen , les an-thères et les androphores composent les étamines ,qui sont les organes mâles.

Cet examen rapide et superficiel de la fleur del’œillet nous suffit pour juger qu’elle est complète,et par conséquent hermaphrodite.

La fleur du lis est moins complète que celle del’œillet; elle offre, à la vérité, les deux sexes réu-nis : le pistil se compose d’un ovaire, d’un style etd’un stigmate; les étamines, au nombre de six,offrentchacune, un androphore ou filet, surmonté d’uneanthère remplie de pollen : ainsi nul doute que laHeur du lis rie soit hermaphrodite comme l’œillet ;mais le périanthe de l’œillet, composé d’un caliceet d’une corolle, est double, tandis que celui du lis,formé d’une seule enveloppe, est simple.

Une Heur qui n’a pas de périanthe, c’est-à-dire nicorolle ni calice, et qui n’est composée que des or-ganes mâles et femelles, est encore plus incomplète.

A plus forte raison, devon6-nous estimer cpi’u nefleur est incomplète quand elle est mâle ou femelle,c’est-à-dire quand elle ne présente qu’un des deuxsexes, les étamines ou le pistil, comme dans le pla-tane, le mélèze, le genévrier, etc., où les fleursmâles et les fleurs femelles sont distinctes et sépa-rées , quoique sur le même pied.

La partie d’où naissent médiatement ou immé-diatement les organes sexuels et la corolle, est le ré-ceptacle de la Heur. Lorsqu’une ileur n’a point depérianthe, le point de la plante-mère sur lequel etlerepose, est le réceptacle; lorsqu’une fleur a un pé-rianthe simple, le fond de ce périanthe est leréceptacle; lorsqu’une fleur a un périanthe dou-ble, le fond du calice est le réceptacle. Nulle fleurn’est privée de réceptacle , puisqu’il faut bien que lesorganes qui la composent, soient attachés en quel-que endroit.

On distingue les fleurs en régulières et en irrégu-lières.

Pour qu’une fleur soit parfaitement régulière, ilfaut que les pièces de même nature qui compo-sent chacun de ses systèmes organiques, soient ab-solument semblables entre elles, et placées sur unplan régulier, à égale distance les unes des autres,et que les pièces de natures diverses qui appartien-nent aux différens systèmes organiques de cettemême fleur, affectent entreelles une ordonnance sy-métrique. Mais il suffit que cet état de choses existedans le périanthe, pour que l’on considère la fleurcomme régulière ; et, par opposition, on nommefleur irrégulière celle dont les divisions ou les seg-mens du périanthe diffèrent entre eux par la gran-deur, la forme et la position. Une seule de cesdifférences entraîne l’irrégularité de la fleur, et laplus grandeirrégularité possible résulte du concoursde toutes ces différences.

Il y a des espèces qui portent habituellement