PIN
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frais et de bonne qualité, dans les contrées du nord,et quand il croit pressé en forât, il s’élève droit etjusqu’à 80 et 100 pieds , sur un diamètre de 3 piedset plus , à quelque distante de terre; mais dans leslieux seqs et-arides , dans les pays du midi, ou quandil est isolé , il s'élèye beaucoup moins, s’étale da-vantage , et devient même quelquefois tortu et ra-bougri; ses feuilles sont aussi plus longues ou pluscourtes , plus rapprochées ou plus rares ; ses cônesenfin, outre leur grandeur et leur grosseur variables,diffèrent encore beaucoup par Ta forme de leursécailles, circonstances qui ont engagé plusieurs au-teurs à le diviser en trois ou quatre espèces, mais qui,bien examinées, ne paraissent tenir qu’aux localités.
»Son tronc , ordinairement nu lorsque l’arbre croiten massif serré, est revêtu d’une écorce grise ,épaisse , et s’enlevant par écailles à la partie infé-rieure, unie et jaunâtre vers la partie supérieure.Dans l’état d’isolement, les pieds sont souvent char-gés de rameaux dès leur base ; ce qui leur donne uneforme plutôt arrondie que pyramidale ; ils ont l’é-corce plus épaisse , plus rude , irrégulièrement etprofondément gercée, et ils poussent une forte ra-cine principale et des racines latérales capables delui donner une assietteassez solide. Elles s’enfoncentd’autant plus que le terrain a plus de profondeur.
Ses rameaux sont disposés par verticilles , deux àquatre ensemble, quelquefois jusqu’à cinq ou six,d’abord un peu redressés dans leur jeunesse, maisensuite étendus horizontalement ; leur dispositionconstante et invariable autour du tronc indiqued’une manière certaine l’àge de l’arbre, en comp-tant chaque entre-nœud pour une année.
Les feuilles ou aiguilles An pin sont réunies deuxà deux, et enveloppées à leur base par une grainecommune, de manière que leurs deux faces aplatiesse regardent, et que ces deux feuilles , appliquéesl’une sur l’autre en sortant delà gaine, forment uncylindred’environ une demi-lignede diamètre. Ellessont longues de 2 à 3 pouces, linéaires, très-étroi-tes , roides , aiguës, cannelées et très-finement den-telées ; elles persistent pendant 4 ans , et ne se dé-tachent ordinairement qu’au commencement de lacinquième année. Elles sont d’un vert obscur et sale,disposées et serrées autour des rameaux ; ce qui donneà l’arbre un aspect triste, et aux forêts de pins unair sombre et sauvage.
Les fleurs paraissent ordinairement dans le moisde mai; les deux sexes sont séparés sur le mêmepied. Les fleurs mâles forment des chatons allongés,dirigés vers le ciel, placés à l’extrémité des rameauxde l’année précédente, età la base des jeunes poussesde l’année. Elles sont composées d’un grand nom-bre d’étamines, cent et plus, surmontées, chacune,de deux anthères, et se couvrent d’une quantitéconsidérable de poussière jaune , qui se répaud alorspour féconder les Heurs femelles; ce qui a donnélieu quelquefois à croire à des pluies de soufre. Lesfleurs femelles paraissent au sommet des jeunespousses , qui ont commencé à se développer depuisle printemps; elles forment de petits chatons ovoï-des, rougeâtres , dirigés vers le ciel, ordinairementréunis deux à deux, mais quelquefois en bien plusgrand nombre.
Fruit . — Après la fécondation, les chatons fe-melles prennent une couleur verte, augmentent engrosseur ; les écailles intérieures prennent de l’ac-croissement, deviennent plus grandes que les exté-rieures, se serrent les unes contre les autres etformentun fruit auquel on a donné le nom de cône , parcequ’il a le plus souvent la forme conique : on l’appelleaussi strobile. Ce fruit croit jusqu’au milieu du moisde juillet, époque à laquelle il a acquis à-peu-presla grosseur d’un pois à sucre, se réfléchit vers laterre, et reste dans cet état jusqu’au printemps sui-vant: alors, un peu avant la floraison , il sort deson état stationnaire, commence à grossir, et prendrapidement son entier accroissement pendant lesmois d’avril, mai et juin, et mûrit vers le com-mencement d’octobre. Ainsi, il lui faut 18 moispour arriver à ce terme ; sa forme en cet état estparfaitement conique, arrondie à sa base ; il a de-puis 18 lignes jusqu’à 2 pouces et plus de hauteur ,sur environ un pouce dans son plus grand diamètre;sa couleur est d’un vert, plus ou moins foncé , tirantsur le rouge brun ; ses écailles sont oblongues, ren-flées en leur partie supérieure et sur leur dos, enune sorte de pyramide affaissée sur elle-même ettronquée à son sommet. A la base de chaque écailleet à sa partie interne, tout près de l’axe, sont logéesdeux petites graines ovales, un peu aplaties, noirefcou grises, formant, chacune, une petite amande en-tourée inférieurement et latéralement d’une mem-brane étroite, qui se prolongesupérieurementen uneaile mince, demi-transparente et d’un brun clair.Cette aile n’est pas adhérente à la graine ; elle l’em-brasse seulement, s’en détache avec assez de faci-lité, et elle reste alors percée dans la partie dont lagraine a été chassée. S’il arrive que les cônes soientstériles , cette aile membraneuse se trouve toujoursaussi développée qu’à l’ordinaire, et la graine avor-tée, restée extrêmement petite, est à sa base. Lors-que les graines sont mûres , et que les écailles s’en-tr’ouvrent pour les laisser échapper, ce qui arrivedans les premières chaleurs du printemps, les cônesne tombent point pour cela, il en reste encore beau-coup d’attachés sur l’arbre , ainsi que nous l’expli-querons plus loin.
Quelques personnes pensent que les cônes ne sontpas mûrs à l’automne de la seconde année, et qu’ilsont besoin de passer l’hiver sur l’arbre pour attein-dre leur parfaite maturité. Cette opinion n’est pointfondée, les fortes révoltes qu’on en fait en Allema-gne ont lieu dès l’automne, et l’expérience a prouvéque les semences de cônes cueillis à cette époqueont toujours levé aussi bien que celles récoltéesaprès l’hiver. Cette observation est importante,parce qu’on peut profiter de l’arrière-saison et de lacoupe que l’on fait des arbres pendant l’hiver, pourfaire les approvisionnemens dont on a besoin, etque, d’un autre côté, les chaleurs du mois de marsfaisant assez souvent ouvrir les cônes , on s’expose-rait à faire une récolte nulle.
A l’époque de la chute des semences , c’est-à-direau printemps, on trouve ordinairement des cônesde trois âges sur les mêmes branches : les premiersont trois ans, ils ont répandu leurs semences au prin-tenqis précédent et sont de couleur grise ; les se-