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Tome second.
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le terrain, et cette vorde plantée entre chaque pinfournit de très-bons fagots ; de plus, elle abrite lesjeunes pins qui lèvent des graines tombées de ceuxque l’on a plantés, et peu-à-péu le terrain se méta-morphose en une pépinière intarissable de jeunes pin s,

Tel est en abrégé le compte rendu du mémoire deM. de Yillarsy à la Société d’agriculture de Paris par son président, M. le comte François de Neuf-chàteau.

Ce rapport suffira pour donner une idée du partiavantageux que l’on peut tirer des terrains crayeux,l’ai vu moi-même, dans la propriété de M. Allairc ,administrateur des forêts , située à Pocancy , prèsChàlons , et dans plusieurs autres propriétés de cecanton, des plantations de pins qui présentaient déjàde grandes ressources, et qui , dès l’âge de i 5 à 20ans, donnaient lieu à des semis naturels d’une telleépaisseur qu’on ne pouvait les traverser. C’est dansces semis que l’on prend les jeunes plants destinés àde nouvelles plantations.

Si j’ai donné quelque étendue à cet article, c’estque l’objet en est de la plus haute importance pourl’économie rurale et forestière, puisqu’il s’agit d’ar-racher à la stérilité des plaines immenses dans uneprovince située à peu de distance de la capitale , etde tant d’autres lieux de grande consommation. V.Pin sauvage.

Les sa b les sont des' amas de fragmens de pierresqui ne different des pierres que par leur moindregrosseur, qui forment par conséquent le passage desterres aux pierres.

Au toucher, les sables sont inégaux , rudes, an-guleux et secs, caractères qui ,indépendamment deleur défaut d’adhérence , les font distinguer de touteespèce de terre ; leur masse, que l’on ne peut amol-lir ni dissoudre , acquiert cependant de la pesanteuret un peu de liaison par l’humidité.

11 y a des sables de plusieurs couleurs, dont lesplus ordinaires sont le gris , le rouge , le jaune et leblanc. Leurs espèces sont aussi variées que celles despierres.

Le sable pur et dénué d’humidité est absolumentinfertile ; mais lorsqu’il est mêlé de quelques partiesterreuses ou d 'humus^ il devient propre à la végé-tation, sur-tout dans les situations qui lui permet-tent de retenir un peu d’humidité. Dans ce cas, lesmasses de sable acquièrent plus d’adhérence entreelles , et forment un sol capable de fournir de lanourriture aux arbres. En effet, les sables rejetéspar la mer , et nommément ceux du golfe de Gasco-gne , sont très-propres à la végétation des arbres etdes plantes, parce qu’ils sont humides et chauds ,deux qualités importantes pour la réussite et l’ac-croissement des végétaux. Toute espèce de sable nesera donc infertile qu’autant que la sécheresse etl’aridité seront unies à son état de pureté et d’isole-ment de toute substance terreuse.

Des semis de bois et des plantations d’arbres faitspar Duhamel dans des sables fort secs et peu alliésde terre , y ont d’abord végété avec peine ; mais en-suite ils ont pris beaucoup de vigueur. Les jeunesarbres ont peine à subsister dans ces sortes de ter-rains, parce que l’ardeur du soleil les pénètre, endessèche la superficie, et que les racines en souf-

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frent beaucoup. Ces raisons doivent déterminer àfaire dans ces terrains légers les semis et les planta-tions en automne , préférablement au printemps, età procurer de l’ombre aux jeunes arbres par des se-mences de céréales , d’ajoncs ou autres plantes, ouen combinant ensemble le semis et la plantation.Quand une fois les arbres ont pris une certaine force,et qu’ils ont jeté en terre de profondes racines, ilss’accommodent assez bien de ces terres fort légères,sur-tout les peupliers blancs et gris, les bouleaux,les hêtres, les châtaigniers, les pins, le bois deSainte-Lucie, le saule-marceau, et même les chênesrouvre et tauzin, l’orme et les érables. Ces arbres yprennent beaucoup d’accroissement quand, dans cessables , il se trouve de la terre fertile.

Il y a plusieurs espèces de sables : les uns sont vi-trifiables , tels sont tantôt des fragmens de grès , etd’autres fois ceux de silex; d’autres sont des frag-mens de pierres calcaires, qui sont plus propres à lavégétation ; enfin il y a des sables ferrugineux et dessables volcaniques ; mais les sables les plus ordinai-res sont les sables quartzeux. La différence des es-pèces de sable, outre la proportion de leur mélangeavec les terres , donne lieu à de grandes variétés deterrains.

Lorsque les sables sont purs et privés d’eau, ils de-viennent le jouet des vents : on les appelle alors sablesmouvans. 11 s’en trouve des étendues assez considé-rables dans les départemens de la Gironde, des Lan-des et du Nord, aux approches des bords de la mer.V. Dunes .

Les terrains sablonneux sont les terrainsoùdomi-nent le sable , le sablon et le gravier. Ils sont le pro-duit ordinaire de la décomposition des granits et au-tres roches quartzeuses. Ils recouvrent des espacesconsidérables en France ; mais heureusement qu’ilssont mélangés de certaine quantité d’argile, de terrecalcaire et de terreau , qui les rendent propres à laculture de plusieurs plantes , et notamment à celled’un assez grand nombre d’espèces d’arbres , tellesque celles que nous avons indiquées au mot Sable .Les pins sur-tout méritent d’être cultivés dans lesterrains sablonneux, en préférantle pin sauvage pourl’intérieur et le nord de la France , et le pin mari-time pour le midi, parce que le premier redoute lessécheresses, et que le second est sujet à geler, mêmesous le climat de Paris.

Le grand défaut des terrains sablonneux estd’êtreprivés d’humidité , par la facilité avec laquelle ilslaissent passer l’eau des pluies. L’important est doncde procurer de la fraîcheur aux jeunes semis, ce qu’onopère en mêlant aux semences de bois , des grainesd’arbustes, comme celles de genêt, d’ajonc, d’épines,ou des semences de céréales , de topinambours, oubien encore en combinant le semis du bois dur avecla plantation du bouleau, du marceau, du mahaleb,du peuplier blanc , du tremble.

Les cultures sont très-économiques dans les ter-rains sablonneux , il ne faut que les gratter pour yfaire des semis , et on doit éviter avec soin d’y tropenterrer les graines.

Les terrains graveleux , que l’on confond souventavec les terrains sablonneux , ont aussi l’inconvé-nient de la sécheresse, quoiqu’à un moindre degré