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§ i3.— Accroissement des arbres et qualité de leur
bois suivant les terrains , expositions et situations .
Le chêne se plaît dans les terres fortes , dans lesfonds d’argile mêlés de terre végétale, de sable, degraviers et pierrailles, et qui joignent à ces qualitésla profondeur et un peu de fraîcheur; cependant ils’accommode assez bien de toutes sortes de terrainsayant quelque qualité. Dans les fonds humides ,ainsi que dans les terres glaiseuses, son bois devienttendre et gras ; mais si sous la terre fertile il serencontre du gravier, son bois est plus dur; en gé-néral , il ne vient pas bien lorsque immédiate-ment sous la couche de bonne terre il se trouve unlit d’argile épais et serré , des bancs de pierres , decraie, etc., impénétrables aux racines, ni lorsquele terrain est aquatique et marécageux. 11 aime lesrevers des montagnes , les expositions au nord et lesplaines, et il parvient même sur les hautes monta-gnes froides à un âge très-avancé, mais rarement àune grosseur considérable.
Le hêtre croit de préférence dans un bon terrainnoir, frais , mêlé de sable, de gravier ou de petitespierres; mais il croit aussi dans un terrain de mé-diocre qualité, lors même qu’il n’a qu’un pied etdemi ou 2 pieds de profondeur. 11 vient même dansles terres dures et qui ont peu de fond, et sur lesroches entre lesquelles il peut enfoncer ses racines.11 n’y a que les fonds très-sableux, très-argileux,aquatiques et marécageux, qui lui soient contraires.11 aim'e les plaines et les expositions au nord sur lesrevers des montagnes.
.Par-tout son bois est propre à quantité de petitsouvrages de raclerie et de boissellerie; cependant,pour la fente, il est plus propre dans certaines fo-rêts que dans d’autres. Les hêtres de la forêt de Vil-lers-Cotterets , dont le sol est bon , sont meilleursque ceux de la forêt de Fontainebleau , où le sol estassez généralement sablonneux. Les rames des ga-lères et autres ouvrages qui exigent du ressort dansle bois , doivent être pris dans des arbres qui ontcru en massif dans une terre légère, qui ait beau-coup de fond, et qui ne soit ni trop sèche ni trophumide , parce qu’alors ils poussent avec vigueur etacquièrent une tige bien droite.
Le charme vient très-bien dans toutes sortes debonnes terres ; mais il se contente aussi d’un mau-vais fond d’argile et d’une terre maigre. Il supporteune certaine humidité, et cependant il vient dansles lieux exposés au midi, pourvu qu’il s’y trouveun peu de terre ; il ne réussit point dans les sablesarides ni dans les endroits marécageux , et il n’y aque dans les bons fonds qu’il prend assez de gros-seur pour faire des pièces de service.
Le bouleau vient dans les mêmes terrains que lecharme , et de plus il croit mieux que lui dans lesmauvais fonds sableux. On le voit aussi réussir dansles terrains humides, sur les côtes exposées au nordet dans les fonds les plus maigres, où la plupart desautres arbres périssent. Le bois du bouleau est debien meilleure qualité dans les sables gras et humi-des que dans les endroits aquatiques. On ledit meil-leur aussi dans les climats tempérés que dans lesclimats froids.
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Le frêne se plait dans les terrains humides mêlesde terre noire , d’argile, de sable ou de pierrailles ;mais il réussit dans toute autre espèce de terre. Quoi-que les terres marécageuses ou très-sèches ne luiconviennent pas , on l’y voit cependant réussir quel-quefois ; il se plait particulièrement dans les fondshumides dont le sol est substantiel, et au bord desprairies. Si l’on veut élever des frênes pour en fairedes perches, il faut les planter dans un terrain hu-mide, afin qu’ils fassent des jets bien droits : quandils viennent dans un terrain trop sec, leur bois estcassant. Les meilleurs frênes pour le charronagesont ceux qui ont crû dans une bonne terre, ni tropsèche ni trop humide , et qui ont été plantés enbouquets et non isolés les uns des autres.
Le sycomore e t la plupart des autres espèces d’éra-bles croissent dans toute espèce de terrains de bonneet de médiocre qualité, pourvu qu’ils soient un peufrais et qu’ils aient un peu de fond ; mais ils craignentla glaise trop forte. On les voit croître à l’ombre desautres arbres, et ils subsistent sur les côtes arides.Les expositions au nord et les vallons leur convien-nent beaucoup. L’érable à feuilles de frêne demandeun sol humide. Au reste, ces arbres ne fournissentguère de pièces pour la charpente ; mais leur boisest estimé pour le chauffage et pour des ouvrages demarqueterie et de menuiserie, sur-tout quand les ar-bres se trouvent remplis de nœuds.
L’orvne.vient dans les mêmes terrains que le frêne.L’espèce à écorce lisse et à grandes feuilles, ulmuscampestris , se plait beaucoup dans le sable gras. Engénéral, les ormes sont peu difficiles sur les espècesde terres , parce que dans les terrains qui ont peude fond les racines s’étendent au loin pour chercherleur nourriture à la superficie; mais pour cela ilfaut qu’ils soient plantés à une grande distance lesuns des autres. Lorsque les terrains sont un peusecs , les ormes y croissent plus lentement que lors-qu’ils sont humides; mais leur bois y est de bienmeilleure qualité. Dans les terres argileuses et lessables gras qui ont beaucoup de fond, les ormessont sujets à des chancres qui les font périr , et leurbois y est tendre.
Le châtaignier se plaît dans les terrains sablon-neux, sur-tout quand le fond est un peu humide; ilvient cependant dans des sables assez maigres quandil peut enfoncer ses racines à une grande profon-deur : il ne réussit pas aussi bien dans les terrestrop fortes et argileuses, et il ne s’accommode pasdes terrains qui n’ont pas de fond. Quand on des-tine les châtaigniers à être élevés en taillis pour fairedes cercles , il est bon que le terrain soit un peuhumide : alors il produit de belles perches; mais cebois est meilleur pour faire de la charpente et dumerrain, quand le terrain n’est pas trop humide.
L ''aune se plaît beaucoup dans un bon terrainconstamment humide, sur la berge des fossés rem-plis d’eau, et on le voit croître dans des marais oùl’eau séjourne des années entières et même dans desterres qui tiennent de la tourbe , et où il ne vientpresque aucune autre espèce d’arbres, ou qui neproduisent que des souchets , des glaïeuls, etc.;cependant le bois d’aune est bien meilleur dans lesterres qui sont rarement ou nullement submergées,