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Tome second.
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tillet, le tilleu, le tillier, ou tilleul à petites feuilles,est un grand et bel arbre , qui trdît naturellementdans les forêts de l’Europe , où il se multiplie ets’étend beaucoup.' Il est très-vivace et continue devégéter lors même que son tronc est intérieure mentpourri et profondément creux.

Sa tige est droite, et elle acquiert, dans les ter-rains et les situations favôrabl^, un$ grosseur etune élévation considérables; en massif.■ futaie,elle présente un fût des plus élancés 5, mais)isdléfi,elle étend considérablement ses branches et pré-sente une forme arrondie.

Cet arbre pousse une racine centrale et un grandnombre de racines traçantes.

écorce des jeunes branches est grisâtre et unie,celle des troncs et des vieilles branches est un peugercée et noirâtre.

Les feuilles sont alternes , pétiolées, simples, en-tières , petites , ovales , en cœur , pointues en leursommet, dentées en scie sur leurs bords,-glabres,d’uu beau vert en dessus, très-glauques en des-sous , et velues sur les côtes ou nervures. Ellesn’ont guère que a à 3 pouces de Long sur un à 2pouces de large. Elles sont quelquefois chargées degalles, et ont l’inconvénient, pour les jardins, detomber de bonne heure en automne; mais elles nesont point sujettes à être dévorées par les insec-tes.

Les fleurs paraissent vers la fin de juin, ou aucommencement de juillet; elles sont disposées encorymbes, de couleur jaunâtre et portées plusieursensemble par un pédoncule commun très-délié, decouleur jaune , qui s’attache au milieu d’une petitefeuille ou bractée , longue, étroite , lancéolée ,unie et jaunâtre.

Les fruits ou capsules mûrissent en octobre;ils sont globuleux, terminés par une pointe grossecomme un pois, Un peu velus et partagés en 5 val-ves. Ils contiennent une et quelquefois 2 semences,verdâtres , ovales , huileuses , recouvertes d’unepeau brune; elles ont un goût de noisette. On pour-rait donc retirer de cette semence une huile utile ,si on voulait se donner la peine de ramasser lesgraines de tilleul, et s’il n’était pas si difficile deles retirer des capsules.

Culture.

On multiplie le tilleul par les semis, par les dra-geons enracinés, par marcottes et par boutures. Lapremière méthode est préférable.

Récolte et conservation des semences. — On ra-masse la graine dès qu’elle est mûre ; on la laisse sé-cher à l’ombre pendant quelques semaines , afinqu’elle acquière une complète maturité. On peut lasemer aussitôt qu’elle est récoltée, ou attendre leprintemps suivant. Dans ce dernier cas , on la con-serve dans du sable; sans cette précaution, elle nelèverait que l’année suivante, et il arrive même as-sez souvent, malgré cette précaution , qu’il n’enlève qu’une partie. Les serais que l’on fait en au-tomne lèvent au printemps , et ceux que l’on fait àcette dernière époque lèvent six semaines après.Les jeunes plants^de tilleul paraissent avec deux

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feuilles séminales à-peu-près semblables à cellesqui accompagnent les plants d’érable.

Terrains , climats et situations.. — Le tilleul *eplaît dans les terres légères , profondes et fraîches,dans les-sables gras mêlés d’argile.: il vient aussidans les terrains secs 1 et pierreux, dans les sableslégers; mais il n’y devient pas gros, et il se dépouillede bonne heure. Les terrains argileux et compactesne lui conviennent pas , non plus que les terrainstrop humides. 11 y réussit mal, parce que, dans lepremier cas , il ne peut développer ses racines , etque, dans le second, elles pourrissent, sur-toutquand il est placé aux bords des rivières, et qu’ellesatteignent le niveau de l’eau.

« Cet arbre, dit Yarennes de Fenille, demande en-core à être garanti des vents d’ouest; sans quoi, il estsujet à dçs chancres , qui le défigurent et le fontpérir: j’ai constamment remarqué qu’à cette expo-sition l’écorce en était rude et gercée , et que la ron-deur de sa tige y était aplatie. » Il ne craint point lefroid ; il habite les forêts du nord , et les montagnesd’une certaine élévation. On le trouve dans leDane-marck, la Bohême, et dans presque toute la Russie .

Quand il s’agit de faire des semis de tilleul, ondoit choisir une terre de bonne qualité , douce j lé-gère et profonde.

Semis. — On fait peu de semis de tilleul dans lesforêts ; mais on en fait dans les pépinières , sur-tout de tilleul de Hollande dont nous allons parler,pour se procurer des plants destinés à la décorationdes parcs et des allées. Les procédés de cultureétant les mêmes pour les deux espèces, nous lesexposerons ici , afin de n’avoir plus à y revenir.

On prépare le terrain comme pour les autres se-mis , et lorsqu’il est suffisamment ameubli, on tracedes raies de 2 pouces de profondeur, à la distkncede 2 pouces de largeur. C’est dans ces raies que lasemence , quinze jours après qu’elle est récoltée,est jetée , et ensuite recouverte d’environ 3 ou 4 li-gnes / seuleinent par la terre des côtés. Comme cettesemence est fort exposée aux ravages des mulots etdes autres animaux du même genre, il est bon dela répandre un peu drue. « Dans les provinces mé-ridionales , dit l’abbé Rozier, la superficie du soldemande à être couverte avec de la paille menue,ou avec des feuilles, afin d’entretenir un peu defraîcheur dans la terre; quelquefois il faut l’arroserlégèrement pendant le reste de l’été. Dans les pro-vinces du nord, ces arrosemens sont en général inu-tiles, parce que la chaleur y est moins vive, et lespluies plus fréquentes. En semant par raies, le pé-piniériste a plus de facilité de travailler le pied desarbres, et d’arracher les mauvaises herbes, que sila graine avait été répandue à la volée. Les raiesont encore l’avantage de permettre de laisser un ande plus les jeunes plants dans le sol du semis, parcequ’on a plus de facilité d’éclaircir et de supprimerles surnuméraires et ceux qui viennent mal.»

Transplantation en pépinière. — a. C’est à la se-conde année après le semis , c’est-à-dire après lagermination de la graine , qu’on doit transplanterles sujets restés au séminaire ; ils profiteront beau-coup plus dans la pépinière mie sj on les avaittransplantés la première an néç. Le, propriétaire aura