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Tome second.
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ORIGINE DES INSTRUMENS ARATOIRES.

\_j r. s peuples modernes, parvenus, après unelongue série de siècles, à un certain degré decivilisation , jouissent des inventions et desperfectionnemens que lesprit humain a apportésdans les arts, sans réfléchir combien il a fallude temps, defforts, de combinaisons, de cir-constances heureuses, pour découvrir et perfec-tionner un si grand nombre dinstrumens etde machines, qui aujourdhui centuplent nosforces. Quelle distance immense entre les deuxhâtons employés par lIndien du Chiloé poursoulever la terre, et entre la charrue de Small ?Quelle économie de force et de temps ! quelledifférence dans les produits !

Si Ion remontait à lorigine des arts, si lonen suivait les progrès ; si lon examinait lin-fluence que les sciences ont eue sur la civilisation,on reconnaîtrait quen développant et en per-fectionnant la raison humaine, elles peuventseules élever lhomme, le conduire à un ordresocial plus parfait, et à un degré plus éminentde vertu et de bonheur.

Loubli des bienfaits que nous avons reçusde nos prédécesseurs , les déclamations contreles lumières, contre les perfectionnemens etles nouveautés utiles dénotent lignorance, lé-goïsme ou lamauvaise foi.C/estainsi que lhommea été retenu si long-temps dans les liens de len-fance ; quil a été contraint de salimenter pen-dant un grand nombre de siècles avec des fruitsou des animaux sauvages, de se couvrir avec lesdépouilles de ces mêmes animaux, de se logeret de vivre comme eux. La vraie civilisation, àlaquelle nous ne sommes pas encore parvenus,la vertu, la morale ne peuvent se perfectionnerou saccroître parmi les hommes que par la cul-ture de lesprit. Le bonheur des individus, butde toute association humaine, sera dautant plusgrand chez une nation, que les arts et les sciencesseront cultivés par un plus grand nombre dindi-vidus, et quils auront atteint un plus haut degréde perfection. Vérité qui ressort à chaque époquede lhistoire des nations, et plus encore de celledes arts, et qui réclame une réforme dans l'en-seignement barbare de nos écoles européennes, en général les mots et les phrases sont sub-stituées aux faits et aux notions positives.Jobserverai en passant que lenseignement mu-Tosr. II.

tuel, lorsquil sera bien compris, et quon vou-dra en faire lapplication à de bonnes méthodes,offrira un moyen dinstruction qui produirades résultats incalculables.

Mais suivons la marche de lesprit humaindans linvention et le perfectionnement des in-strumens aratoires. Lhomme commença par ob-server quune graine tombée en terre se repro-duisait, et donnait des fruits. Il chercha à mul-tiplier celles quil avait reconnues propres à sanourriture. Il les recouvrit de terre pour em-pêcher quelles ne devinssent la proie des ani-maux. Il aperçut que la végétation était plusactive et les produits plus nombreux , lorsquele sol avait été remué. Il façonna un pieu poursoulever le terrain. Il trouva quen employantdeux pieux à la fois , il accélérait son travail.Ainsi il fit usage de la méthode usitée encoreaujourdhui par les Indiens du Chiloé danslAmérique méridionale. Les peuplades gros-sières et ignorantes de cette contrée labourentla terre en tenant de chaque main un pieudont elles placent la pointe contre le sol, etquelles enfoncent en appuyant avec leur corps ,sur lextrémité supérieure. (Voyez planche i,fig. i.) Elles soulèvent ensuite la terre, et la re-tournent comme elles peuvent. Cette manièrede labourer a peut-être donné naissance à celledont on fait encore usage aujourdhui dans laBiscaye , et dont nous avons présenté la des-cription, article bêche, fig. 3, planche 4 dudernier volume , et qui consiste à employerdeux fourches pour soulever la terre.

Lexpérience apprit à quelques hommes quece mode de procéder était long et pénible j etprobablement il leur falut un grand nombre desiècles pour passer dun instrument aussi im-parfait à un autre qui ne létait guère moins,puisque lindustrie des Indiens du Chiloé napu encore faire un pas qui nous paraît si facile.Une branche de bois crochu forma le premierhoyau dont les hommes se soient servi ( Voyezfig. 2 ). Ce hoyau est figuré sur une médaillede Syracuse lon a sans doute conservé letype du premier instrument qui ait été en usagedans une île qui passe pour être le berceau delagriculture.

Linsuffisance de cet instrument en fit imaginer