Buch 
La Suisse balnéaire et climatique : ses eaux minérales, bains, stations climatiques d'été et d'hiver, établissements hydrothérapiques, etc / par ... Eugène de La Harpe
Entstehung
Seite
21
JPEG-Download
 

21

une autre invisible, constituée par des millions de ger-mes organisés qui engendrent les fermentations, les ma-ladies infectieuses, etc. A une altitude suffisante, laiides hautes montagnes nen contient plus. Freudenreichna pas trouvé de microbes ou de moisissures dans 2700litres d'air provenant daltitudes élevées et inhabitéesentre 2100 et 3200 m. Dans lair de lieux élevés, maishabités, il a trouvé fort peu de germes; ainsi 3 mètrescubes dair du col de St-Théodule contenaient une bactérie;un mètre cube dair du sommet du Niesen en contenait6 à 7. Assurément ce sont. des altitudes qui nentrentpas en ligne de compte pour un séjour prolongé. Ceschiffres prouvent seulement que lair devient, de plus enplus pur à mesure quon sélève. Miquel a trouvé dansl'air du lac de Thoune, par décimètre cube, 8 bactéries;au voisinage de l'hôtel Bellevue, à Thoune , 25, dans unechambre de cet hôtel 600. à Paris , rue de Rivoli , 55,000(il faut multiplier ces chiffres par 1000 pour les comparerà ceux de Freudenreich, cités plus haut.) On voit doncque la pureté relative de lair, au point de vue des microbes,est déjà sensible dans de basses altitudes.

Nous avons déjà exposé, page 7, le régime des venin àla montagne. Bornons-nous à dire encore que les hautesvallées offrent en hiver un air plus calme quen été, parcequil est moins échauffé par Je soleil, lélévation detempérature du sol faisant défaut. Cest un fait capitalpour les vallées que la configuration de leur sol appelle àdevenir des stations hivernales.

Effets physiologiques du climat de la haute montagne. Lombard les a résumés en ces termes :

« Lune des premières sensations quéprouvent ceux gui quit-tent la plaine pour la montagne, c est une sensation de bien-être; il semble que, malgré la diminution du poids de latmo-sphère, la respiration devienne plus facile et plus ample, en sortequon se sent dans une atmosphère légère et que lon désignecelle des plaines par l'épithète de pesante ou étouffante...

« Tandis que dans la plaine il suffisait dune promenade dequelques minutes pour amener une fatigue excessive, les mêmespersonnes, transportées dans l'air vivifiant- de nos Alpes , peu-vent employer impunément plusieurs heures à les parcourir.Les sensations si nouvelles quelles éprouvent alors traduisentpar des expressions caractéristiques cette impulsion donnée auxforces musculaires : tantôt cest une cuirasse qui les soutient etles enveloppe de toutes parts; tantôt cest une telle facilité etlégèreté dans les mouvements que les malades se sentent comme