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une autre invisible, constituée par des millions de ger-mes organisés qui engendrent les fermentations, les ma-ladies infectieuses, etc. A une altitude suffisante, l’aiides hautes montagnes n’en contient plus. Freudenreichn’a pas trouvé de microbes ou de moisissures dans 2700litres d'air provenant d’altitudes élevées et inhabitéesentre 2100 et 3200 m. Dans l’air de lieux élevés, maishabités, il a trouvé fort peu de germes; ainsi 3 mètrescubes d’air du col de St-Théodule contenaient une bactérie;un mètre cube d’air du sommet du Niesen en contenait6 à 7. Assurément ce sont là. des altitudes qui n’entrentpas en ligne de compte pour un séjour prolongé. Ceschiffres prouvent seulement que l’air devient, de plus enplus pur à mesure qu’on s’élève. Miquel a trouvé dansl'air du lac de Thoune, par décimètre cube, 8 bactéries;au voisinage de l'hôtel Bellevue, à Thoune , 25, dans unechambre de cet hôtel 600. à Paris , rue de Rivoli , 55,000(il faut multiplier ces chiffres par 1000 pour les comparerà ceux de Freudenreich, cités plus haut.) On voit doncque la pureté relative de l’air, au point de vue des microbes,est déjà sensible dans de basses altitudes.
Nous avons déjà exposé, page 7, le régime des venin àla montagne. Bornons-nous à dire encore que les hautesvallées offrent en hiver un air plus calme qu’en été, parcequ’il est moins échauffé par Je soleil, l’élévation detempérature du sol faisant défaut. C’est un fait capitalpour les vallées que la configuration de leur sol appelle àdevenir des stations hivernales.
Effets physiologiques du climat de la haute montagne.— Lombard les a résumés en ces termes :
« L’une des premières sensations qu’éprouvent ceux gui quit-tent la plaine pour la montagne, c est une sensation de bien-être; il semble que, malgré la diminution du poids de l’atmo-sphère, la respiration devienne plus facile et plus ample, en sortequ’on se sent dans une atmosphère légère et que l’on désignecelle des plaines par l'épithète de pesante ou étouffante...
« Tandis que dans la plaine il suffisait d’une promenade dequelques minutes pour amener une fatigue excessive, les mêmespersonnes, transportées dans l'air vivifiant- de nos Alpes , peu-vent employer impunément plusieurs heures à les parcourir.Les sensations si nouvelles qu’elles éprouvent alors traduisentpar des expressions caractéristiques cette impulsion donnée auxforces musculaires : tantôt c’est une cuirasse qui les soutient etles enveloppe de toutes parts; tantôt c’est une telle facilité etlégèreté dans les mouvements que les malades se sentent comme