PRÉFACE. îx
ce qu’on doit à sa patrie, à sa famille, à ses amis, àsoi même, si l’on n’a pas la force de le faire ; il ne suffitpas d'établir les préceptes, il faut écarter les obstacles:Ut adprœcepta quas damus possit animas ire,solvendusest (Epist. qô). Je ne connois rien qui réussisse mieux àcet égard que l’application aux sciences mathématiques ,et spécialement à l’astronomie. Les merveilles qu'on ydécouvre captivent l'ame, et l’occupent d’une maniérénoble , délicieuse , et exempte de danger ; elles éleventl’imagination ; elles perfectionnent l’esprit ; elles rem-plissent et satisfont le cœur ; elles éloignent les désirsdangereux et frivoles ; elles procurent sans cesse unenouvelle jouissance.
L’objet de l’astronomie intéresse tout homme d’esprit.Les plus grands philosophes de l’antiquité en parlèrentavec admiration. On demandent à Anaxagore pour quelobjet il étoit né ; il répondit que c’étoit pour contemplerles astres (Diog. Laeree). S’il y a dans sa réponse del’exagération en faveur de l’astronomie,on y voit au moinsl’enthousiasme avec lequel un homme de génie contem-ploit le spectacle du ciel. Platon faisoit aussi le plusgrand cas de l’astronomie ; voyez ce qu’il en dit dansson 35* livre intitulé Rpinomis me! philosophas, queMarcile Ficin appelle le trésor de Platon : Nol/te igno <rave astronomiam sapientissimum quiddam esse, etc. .*il va jusqu’à dire dans un autre endroit que les yeux ontété donnés à l’homme à cause de l’astronomie : c’étoiüpeut-être l’idée d'Ovide lorsqu’il disoit :
Finxit in cjji^iem mnderantum cnncta dcorum ;
Pronatjue cum spectent animait a caetera terrain ,
Os hnmini sublime dédit , ccelumtjuc tueriJ assit , et çrectos ad sidera tollcre vultus. Met. I, S5.
Pvthagore disoit que les hommes ne devroient avoirque deux études, celle de la nature pour éclairer l’esprit,celle de la vertu pour régler le cœur. On regarde a.\e,craison l’étude de la morale comme la plus nécessaire et laplus digne de l'homme : A proper studj of manhind i&