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PRÉFACE.
ni art, dit Pope: mais on se tromperait en crorant qu’oipeut être véritablement philosophe sans l'étude thssciences naturelles. Pour être sage non par f'oiblesst,mais par principe, il faut savoir réfléchir et penser for-tement; il faut, à force d’étude, s’être affranchi d»spréjugés qui trompent le jugement , qui s’opposent rudéveloppement de la raison et de l’esprit. Pythagore revouloit point de disciple qui n’eût étudié les marhémi-tiques ; on lisoit sur la porte , nul ici qui ne soit gé>-métré. La morale serait peu sûre et j»eu attrayante pournous , si elle devoit être fondée sur l’ianorance ou sar1 erreur.
Doit-on compter pour rien l’avantage d’être garanti,par l’étude, ries malheurs de l’ignorance? Peut-on envi-sager, sans un mouvement de compassion et de honto,la stupidité des peuples qui croyoient autrefois qu’wifaisant un grand bruit dans une éclipse de lune on ap-portoit du remode aux souffrances de cette déesse , ouque les éclipses étuis ut produites par des enchanteurs?
Cura frustra résonant aéra auxiliaria lunac % Met. IV, 533.
Cantu.i et c curru lunam drihicere tentât ;
JCt foctret , si non ocra repuisa sortent. Tib. I. EL 8.
Indépendamment de cette erreur qui dégrade le peu-ple, ou trouve dans l’histoire plusieurs traits qui mon-trent le désavantage que l'ignorance en astronomie donnaquelquefois à des généraux, à des nations entières. NL-cias , général des Athéniens, avoit résolu de quitter laSicile avec son année ; une éclipse de lune, dont il futfrappé , lui fit perdre le moment favorable, et fut causade la mort du général et de la ruine de son armée; pert©ai funeste aux Athéniens , qu’elle fut l'époque de la dé-cadence de leur patrie. Alexandre même, avant la ba-taille d’A?belle, fut effrayé d’une éclipse de lune; ilordonna des sacrifices au soled , à la lune, à la terre,comme aux divinités qui causoient ces éclipses.
On voit au contraire des généraux plus instruits , h quileu:s connaissances en astronomie ne furent pas inutiles.