sij P R É F A C E.
Un des avantages que les progrès de l’astronomie aprocurés c’est d'avoir dissipé les erreurs de l’astrologie.Combien ne doit-on pas s’applaudir d’avoir perfectionnél’astronomie jnsques à affranchir les hommes de cettemisérable imbécillité dont ils furent si long-tems dupet !En nSG , les astrologues de toute l’Europe, chré-tiens , juifs ou arabes, s’étoient réunis pour annoncersept ans auparavant, par des lettres qui furent publiéessolemnellcment dans l’Europe, une conjonction de toutesles planètes qui devoit être accompagnée de si terriblyfravages, qu’il y avoit à craindre un bouleversement un# 8versel ; on s’attendoit à voir la fin du monde; cette an-née se passa néanmoins comme les autres. Mais centautres mensonges aussi bien avérés n’auroient pas suffipour détacher des hommes ignorans et crédules du pré-jugé de leur enfance; il a fallu qn’unesprit de philosophieet de recherche se répandît parmi les hommes, leur dé-veloppât l’étendue et les bornes de la nature, et les ac-coutumât à ne plus s’effrayer sans examen et sanspreuve.
On voit encore de tems en tems la crédulité dupublic accréditer les rêveries de l’ignorance : c’est ainsique le vent furieux et la chaleur extraordinaire du 20octobre 1756 firent publier dans les gazettes que le soleilavoit rétrogradé, et il fallut que les savans prissent lapeine de détromper le public {.Tour, de Trévoux, avril1707 ,p. 6g2 ; Lettre philosojdiique pour rassurer l’uni-vers , etc. ), chez Prauit, 1736. Tout le monde, à la fin de1768, croyoit Saturne perdu, et on le debitoit dans lesécrits périodiques les plu s sensés et dans les compagnies lesplus cultivées. Mais ce n’est rien encore en comparaisonde la sensation extravagante qu’a faite au commencementde mai 1773 un mémoire sur les cometes : je n’avois faitque parler de celles qui, dans certains cas, pourroientapprocher de la terre ; et l’on a dit presque générale-ment à Paris que j’avois prédit une comete extraordinaire,et qu’elle alloit occasionner la fin du monde. Lorsque la