PRÉFACE. xiij
fnasse des connoissances répandues dans nos villes seraplus étendue, ou ne verra plus de rêveries pareillesprendre faveur dans le public.
Les cometes furent long-tems, mais dans un sens toutdifférent, un de ces grands objets de terreur que Tas-tronomie a enfin dissipés , même parmi le peuple. On,est fâché de trouver des préjugés aussi étranges , nonseulement dans Homere ( lliad . IV, 76), mais dansle plus beau poëme du seizième siecle, où elles peuventéterniser la lionte de nos erreurs :
Quai con le clûome 5anguinose horrend*
Splender cometa suol per l’aria adusta ,
Cli’i regni muta e i fieri rnorbi adduce ,
E a purpurei tiranni infausta lue*. Jerus. lib . Vil, 5i.
Les charmes de la poésie sont actuellement employésd’une maniéré bien plus philosophique et plus utile ; té-moin ce beau passage de Voltaire au sujet des cometes,dans son Epître à la marquise du Châtelet :
Cometes que l’on craint à légal du tonnerre,Cessez d’épouvanter les peuples ae la terre;
Dans une ellipse immense achevez votre cours ;Remontez , descendez près de l’astre des jours;Lancez vos feux; volez ; et, revenant sans cesi* ,De* mondes épuisés ranimez la vieillesse.
C’est ainsi que l’étude approfondie et les progrès dela véritable astronomie ont dissipé des préjugés absur-des et rétabli notre raison dans tous ses droits. Maisce n'est point à cela seul que se réduit futilité de cettescience, elle contribue au bien général dans plus d’ungenre.
On sait assez que la cosmographie et la géographie ne
Ï >euvent se passer de l’astronomie. Les observations dea hauteur du pôle apprirent aux hommes que la terreétoit ronde ; les éclipses de lune servirent à connoîtreles longitudes des différens pays de la terre , ou leurs dis-tances mutuelles d’occident en orient. Nous ne saurionspas, disoit Hipparque (cité par Strabon) si Alexandrie