PRÉFACE. xt
aisément les longitudes en mer. On les a , quand onveut, par le moyen de la lune (1) ; et si les navigateur»étoient un peu astronomes, leur estime ne les trompe-roit jamais de 20 lieues, tandis qu’ils sont quelquefoisà plus de deux cents lieues de leur estime dans desvoyages fort ordinaires. L’incerdtude où étoit mylortiAnson sur la position de l’isle de Juan Fernandez, enl'obligeant de tenir la mer plus long-teins qu’il n’eùtété nécessaire, coûta la vie à 80 hommes de son équi-page : on a vu des accidens encore plus funestes produitspar les erreurs de l’estime.
L’utilité de la marine pour le bien d’un état sert doncà prouver celle de l’astronomie. Or il me semble qu’ilest difficile à un bon citoyen de méconnoître aujourd’huil’utilité de la marine , sur-tout en France. Le succès desAnglois dans la guerre de îyô’i n’a que trop démontraque la marine seule décide des empires , de leur puis-sance , de leur commerce ; que la paix et la guerrese décident sur mer, et qu’enfin , comme disoit leMiere :
Le trident de Neptune est le sceptre du monde.
C’est à-peu-près ce que Thémistocle disoit à Athènes,Pompée à Rome (2), Crormvell en Angleterre, Richelieuet Colbert en France: il semble sur-tout nue le cardinalde Richelieu ( Testament politique, chap. ix, sect. 5)prévoyoit de l’Angleterre ce que nous avons éprouyâdans le tems que notre marine a été négligée.
L’état actuel des lois et l’administration ecclésiastiquese trouvent liés avec l’astronomie relativement au caien-
( 1 ) Les montres marines faites en Angleterre par Ilarrison , e»France par Berthoud et par Leroy , nous donnent aussi des longi-tudes à un demi-degré près clans l’espace de deux mois de navi-gation.
(2) Pompeius, cujusconsilium T 7 iemistocleuvi eu; existinia-t enintqui mare teneat eum nscesse reruin potiri ; itaque qui nunqua.nlegit ut Itispanice per se tenorentur, navalis apparatu£ cura ci sein-gêr antiquiuima fuit. fCie. ad Att. 1 .x, ep. 7),