Des Antipodcs. 47
Si tous les deux se tournent vers l’équateur, l’un voit les astresse lever à sa droite, l’autre les voit se lever à sa gauche.
142. Les cornmençans ont d’abord de la peine à se figurercomment les hommes peuvent habiter des pays antipodes, ensorte que leursipieds se regardent : il leur semble que les uns oules antres doivent avoir la tête en bas, c’est-à-dire être placésdans une situation renversée et contre l’état naturel. Mais, pourîect iher ses idées la-des^us, on 11’a qu'à examiner pourquoinous sommes debout sur la surface du globe, nos pieds tour-nés vers la terre et la tête élevée vers le ciel; pourquoi nousretombons sans cesse à cette première situation dès qu’un ef-fort ou un mouvement étranger nous en a détournés. Cettelorce avec laquelle tous les corps descendent vers la terre, soitqu’011 l’appelle pesanteur, gravité ou attraction, quoique sacause nous soit inconnue, se manifeste dans tous les points denotre globe; par-tout les corps graves tendent vers le centrede la ter re par un efibrt constant et inaltérable; par-tout on ditque ce qui tombe vers la terre descend <_l qu err monte en s’enéloignant. Ainsi le corps A (/g- 14 ), attiré vers le centre Cdu globe terrestre, suivant la ligne AIÎC, ou le corps E, attirédans un sens contraire, suivant la ligue EDO, tombent et des-cendent tous deux vers la tene, paiceque leur situation natu-relle est de s’approcher du centre C. Un habitant p’acé en Bverra tomber la pluie vers lui de A en B , et celui qui est à sesantipodes ou D verra venir la pluie sur lu. toile de E en D:ce sont à la vérité des dir ections différentes dans Ja réalité,mais elles sont également naturelles pour nous, pareeque lecentre C de la terre est ie terme commun , le point de réunionet de tendance tle la pluie et de tous les antres corps pesuns.
143. J’ai oui des personnes demander pourquoi, si le corps Adescend de A en B, l’autre ne descend pas pareillement de Den E et eu 1 ; elles 11e s’étoiem pas encore accoutumées à ob-server que le corps A ne descend vers B que parcequ’rl estforcé de se rapprocher de la terre, au lieu que le corps En’a plus rien du côté de F qui puisse le déterminer à se mou-voir , aucune force, aucune loi, aucun objet, aucune causede mouvement; il n’a de rapport qu’avec la terre, c’est là qu’estsa piopension naturelle, c’est la cause et le terme de sonmouvement ; et en allant de E vers D il obéit à la même cause,il se meut de la même maniéré, il suit la même loi que lecorps A en descendant vers B : ainsi l’on peut dire que deuscorps tombent et descendent l’un et l’autre quoiqu’ils aillent eu