SOO ÀBRÈGÎÊ d’aSTRONOMIE, LïV. VIÏI.
un degré du zénit d’Amiens, il s’ensuit que l’angle SAX es8d’un degré ; ainsi l’angle PBA, qui est égala SAX, sera aussi d’undegré ; dans ce cas-là nous dirons que l’arc AP delà terre , com-
Î iris entre Paris et Amiens, est un degré de la terre ; d’où résultea définition suivante.
811. Le degré du sphéroïde terrestre (quelle quesoitsa figure)est l’espace qu’il faut parcourir sur la terre pour que la ligneverticale ait changé d’un, degré. Ainsi les degrés que nous me-surons par observation sont des angles B, qui n’ont point leursommet au centre C de la terre , mais au point de concours desVerticales ZPB et XAB , perpendiculaires à la terre en P et en A ,c’est-à-dire aux deux extrémités du degré. Cette manière deconcevoir et de mesurer les degrés nous est donnée par la naturemême, à cause du fil à-plomb qui s’emploie nécessairement dansles observations, et qui seul peut nous faire trouver les distancesdes étoiles au zénit, et par conséquent les degrés de la terre.Mais plusieurs auteurs ont méconnu cette vérité, ce qui leur afait dire que la terre étoit alongée vers les pôles.
812. Il suit de notre définition que dans les endroits les plusapplatis de la terre les degrés doivent être les plus longs, par uneraison bien simple; pins un arc PA ( fig. 102) aura de con-vexité ou de courbure, l’angle F étant toujours supposé d’undegré , plus cet arc PA sera court ; si au lieu de PA nous pre-nons l’arc PD plus convexe et plus courbe que PA, DG étantparallèle à AF, et l’angle PGD d’un degré , aussi bien que PFA,cet arc PD sera plus court, quoiqu’il ait la même amplitude,c’est-à-dire qu’il soit d’un degré ; sa longueur en toises sera pluspetite que celle de PA. Dans une ellipse et dans toutes les courbesanalogues la courbure est la plus grande au sommet du grandaxe, et la moindre au sommet du petit axe ; donc si la terre estapplatie vers les pôles, l’arc d’un degré aura plus de longueur,ou renfermera un plus grand nombre de toises à mesure qu’onapprochera des pôles où l’applatissement est le plus grand.
8 i 3 . Il suffisoit donc de mesurer l’étendue d’un degré à dif-férentes distances des pôles pour juger si la terre étoit ronde;#n conséquence l’académie obtint, en i 683 , des ordres du roi pourcontinuer la méridienne de Paris au nord et au sud depuisl'océan jusqu’à la méditerranée. Cassini partit pour aller aumidi : la Ilire alla au nord de Paris ; l’ouvrage avançoit lorsqu’ilfut suspendu tout-à-coup par la mort du grand Colbert, arrivée,le 6 septembre i 683 .
814. Ce travail ne fut repris qu’en 1700; on trouva les degré»